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Constructeurs

Louis-Carl Vignon : "Aux Pays-Bas, Ford va piloter un contrat d’agent commercial dès 2023"

Publié le 3 mai 2022

Par Christophe Bourgeois
4 min de lecture
Ford poursuit sa mue vers l'électrique avec l'annonce de neufs nouveaux modèles d'ici 2024. D'ici là, Louis-Carl Vignon, à la tête de la filiale française, dresse le portrait de la marque sur un marché français qui ne cesse de perdre du terrain et avance sur les évolutions possibles de contrat pour ses distributeurs.
Louis-Carl Vignon, PDG de Ford France, met en avant le succès de la gamme FlexiFuel qui représente plus d'une vente sur deux.

Le Journal de l'Automobile : Quelle est la situation de Ford France depuis le début de l’année ?

Carl-Louis Vignon : Nous devons faire la différence entre les livraisons et les commandes. Depuis le début de l’année, les immatriculations VP de Ford reculent de 11,7 % alors que le marché affiche -18,6 %. En outre, nous affichons une part de marché de 3,5 % contre 3,2 % un an plus tôt. Face au problème de semi-conducteurs, nous avons nettement privilégié les canaux les plus rentables, en supprimant les ventes à la location courte durée et en réduisant fortement les véhicules de démonstration. Cela nous a notamment permis  d’augmenter notre part de marché sur les particuliers avec pour conséquence, une bonne tenue de nos valeurs résiduelles. En outre, le fait d’avoir privilégié certains canaux a permis à notre réseau, et ce dans un contexte difficile, d’afficher une rentabilité de 0,5 %. Cette performance a également été possible grâce à l’augmentation du prix moyen des modèles, la bonne forme du véhicule utilitaire sans oublier l’activité après-vente qui a été soutenue, surtout sur l’utilitaire. Si l’on regarde par le prisme des commandes, nous sommes très confiants pour les mois à venir.

 

J. A. : Quels sont les délais de livraison ?

C.-L. V. : Si tout se passe bien, les commandes prises en avril seront livrées pendant le second semestre.

 

J. A. : Ford est l’un des très rares constructeurs à proposer une gamme complète de modèles fonctionnant au bioéthanol (E85). Quelle est la part de marché de ce carburant dans votre mix ?

C.-L. V. : Notre gamme Flexifuel est un succès. Elle est une alternative économiquement très intéressante au diesel avec de belles valeurs résiduelles. Elle est disponible sur Fiesta, Puma, Focus et Kuga, sans oublier Fiesta Van et Transit Connect,  et couvre 65 % du mix. Et sur certains modèles, notamment sur le Puma, la proportion est beaucoup plus importante. Nous commercialisons ce carburant à tous nos clients, aussi bien aux particuliers, qu’aux professions libérales ou aux entreprises qui bénéficient d’avantages fiscaux importants.

 

J. A. : Quelle est la stratégie de Ford concernant les contrats de distribution ?

C.-L. V. : Nous sommes en période d’observation et nous sommes très attentifs à ce qui se passe sur le marché. Aux Pays-Bas, Ford va piloter un contrat d’agent commercial dès 2023. Pourquoi les Pays-Bas ? Il s’agit d’un marché avec des particularités très fortes : peu d’investisseurs, très électrifié, avec un taux de leasing très fort, une fiscalité et une réglementation favorables. Cette structure de marché pourrait être celle des marchés allemand, français, espagnol et italien à moyen terme. Les Pays-Bas vont donc nous servir de laboratoire. Mais, j’estime que le réseau dispose d’une véritable valeur ajoutée. Il a en effet d’importantes cartes à jouer sur les chapitres de la carrosserie VU, de la recharge pour les modèles électriques et la connectivité des véhicules pour ne citer que ces exemples.

 

J. A. : Avec le Mustang Mach-E, Ford est le seul constructeur généraliste à avoir une offre électrique sur le haut du segment. Quelle est la raison ?

C.-L. V. : L’ADN de la marque est de proposer des solutions abordables pour réduire les émissions de CO2. C’est pourquoi nous avons une approche avant tout pragmatique avec la montée en gamme en fonction des segments qui va du mild-hybride au 100 % électrique en passant par le bioéthanol et l’hybride rechargeable. L’électrification se fait en douceur. Les clients débutent avec l’hybridation, puis passent à l’hybride rechargeable, voire à l’électrique. D’ici 2024, nous allons accueillir neuf nouveaux modèles électriques dont une Puma et deux SUV qui se placeront entre le Puma et le Mustang Mach-E et qui seront des modèles inédits.

 

J. A. :  Ford Trucks vient d’être lancé sur le marché français. Quel a été le rôle de Ford France ?

C.-L. V. : Ford Trucks est aujourd’hui importé en France par trois distributeurs Ford qui se sont réunis à cette occasion. Il s’agit des groupes Amplitude, DMD et Maurin. Le réseau sera constitué de 25 concessions d’ici la fin de l’année. Nous avons accompagné les différentes parties prenantes de ce projet mais la distribution ne passe pas par Ford France.

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