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Constructeurs

Le réseau Audi en France affiche un portefeuille de commandes de six mois

Publié le 19 avril 2022

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Sixième marché dans le monde pour Audi, la France fait l’objet de toutes les attentions de la maison mère dans un contexte de production extrêmement tendu. Jérôme Donguy, responsable de la planification et des opérations commerciales, fait le point sur les actions mises en œuvre.
Audi France dispose aujourd'hui de 5 000 voitures en stock.
Audi France dispose aujourd'hui de 5 000 voitures en stock.

Avec un volume d’immatriculations supérieur à 50 000 unités en 2021 et même à 57 500 véhicules en 2019, la France est un pays qui compte pour Audi. L’Hexagone représente même le sixième marché mondial pour la marque aux anneaux. Une chance pour l’affectation des modèles produits mais aussi un sacré défi pour les équipes françaises chargées de la planification et des opérations commerciales dirigées par Jérôme Donguy. D’autant que le groupe Volkswagen subit, en plus des pénuries "classiques" de semi-conducteurs, les difficultés d’approvisionnement en faisceaux de câblage. Si la période est largement chamboulée, comme l’explique la marque en France, le développement de nouvelles filières sur cet approvisionnement, tend à réguler la situation.

 

Pour autant, et comme la plupart des constructeurs, la filiale française n’a pas échappé à la création d’une task force dédiée. "Toutes les semaines, nous réalisons un point d’alignement avec la maison mère qui nous permet d’avoir une certaine visibilité", explique Jérôme Donguy. "Nous essayons alors d’optimiser les commandes ou de les adapter en fonction des options que l’on sait disponibles ou que l’on peut modifier. Heureusement, la France est un pays qui compte car l’arbitrage se réalise également en fonction de l’importance du marché."

 

Ainsi, la France qui est le marché mondial le plus important pour le constructeur en matière de PHEV sera favorisée par rapport à d'autres pays. "La marque fait le choix clairement de privilégier la France, même si ce n’est jamais assez et même si cela ne veut pas dire que nous avons les véhicules souhaités. Les arbitrages se font également en fonction des situations de stocks des concessionnaires. Chaque fois que l’usine produit une voiture, elle a le souci de trouver vite un client sur l’un des marchés. Chaque région du monde est en concurrence avec les autres et en Europe, chaque pays est aussi en concurrence", poursuit le responsable de la planification et des opérations commerciales.

 

Commandes de stock au compte goutte

 

De ce fait, les commandes de stock sont plus difficiles à obtenir même si le constructeur n'exige pas encore de commande réelle d'un client pour lancer la production. "A ce jour, nous avons des lignes de production cette année capables de couvrir l’intégralité de notre portefeuille client au 1er mars. Donc l’usine peut gérer les commandes clients mais cela n’aurait pas vraiment de sens de laisser le réseau continuer à passer des commandes de stocks de véhicules qui de toute manière, ne seront pas produits", observe Jérôme Donguy.

 

D'ailleurs certains modèles sont complètement fermés aux nouvelles commandes, comme par exemple le Q5 PHEV. "En réalité, nous avons limité les capacités du réseau à 120 % du niveau normal, ce qui reste assez permissif. Mais nous cherchons à éviter le dumping si certains passaient trop de stock, ce qui entrainerait une désorganisation. Les capacités des usines, habituellement, c’est 40 % de véhicules clients et 60 % pour le stock. En ce moment, on fait plutôt 70 % de véhicules clients et 30 % de stock", poursuit-il.

 

Pour autant, plus d'un mois de stock est actuellement à la vente, soit 5 000 véhicules disponibles immédiatement et le portefeuille de clients atteint six mois de livraison, contre trois habituellement.

 

Nettoyage dans les options

 

Si le propre d'une marque premium reste la largeur du catalogue et sa multitude d'options, la situation apporte également quelques modifications dans les options proposées. "Nous travaillons à remettre en cause nos fondamentaux et de remettre à plat l’intégralité de la gamme pour la rendre plus lisible par les clients et pour permettre d’être capable de produire de manière plus fluide, sans renoncer à ce qui fait l’exclusivité d’une Audi. C’est assez pragmatique comme approche. Nous regardons par gamme les options qui ne sont jamais demandées ou avec un taux de commande inférieurs à 1 ou 2 % et nous les supprimons du catalogue", remarque Jérôme Donguy.

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