Dacia paie-t-elle le prix de sa montée en gamme ?

Après plusieurs années de croissance, Dacia n’est plus sur la même dynamique. La marque roumaine a en effet vu ses ventes reculer de 8,1 % au premier semestre 2026, pour atteindre 327 077 unités, ce qui représente un déficit de 29 000 unités en un an.
Ce repli est principalement lié à un premier trimestre difficile (-16,3 %), Dacia ayant ensuite retrouvé des couleurs au deuxième trimestre 2026 avec des immatriculations quasi stables (-0,3 %). Sur les six premiers mois de l’année, Dacia affiche donc une part de marché de 3,9 % en Europe en VP, contre 4,1 % un an plus tôt.
Pour Frank Marotte, directeur marketing, ventes et opérations de la marque, cette contre-performance doit toutefois être replacée dans un marché profondément transformé. "Le marché européen a connu des bouleversements que nous n’avions probablement jamais connus ces dernières années, avec notamment une progression extrêmement forte de l’électrique dans certains pays, dont la France, et une offensive massive des constructeurs chinois", explique-t-il.
Avant d’ajouter : "Dans un environnement où la concurrence s’intensifie pour tous les acteurs, Dacia est tout de même parvenue à stabiliser ses ventes au deuxième trimestre 2026. Malheureusement, cette stabilité n’a pas suffi à compenser un premier trimestre difficile."
Dacia paie son retard sur l’électrique
L’électrification se poursuit chez Dacia. "Nos ventes de véhicules hybrides progressent fortement. Nous représentons désormais près de 7 % du marché full hybrid en Europe et nous sommes devenus la quatrième marque sur cette technologie. C’est la preuve que Dacia sait accompagner ses clients dans la transition énergétique", souligne Frank Marotte.
La part des motorisations hybrides dans les commandes augmente également au premier semestre 2026, représentant 37 % pour le Jogger, 40 % pour le Duster et même 68 % pour le Bigster. En parallèle, la Sandero demeure la voiture la plus vendue en Europe tous canaux confondus.
Mais alors que les immatriculations de véhicules 100 % électriques ont bondi de 35 % en Europe au premier semestre 2026, pour atteindre 1,6 million d’unités, Dacia apparaît encore en retrait sur ce terrain. La marque ne dispose aujourd’hui que d’un seul modèle entièrement électrique dans sa gamme, la Spring.
"La perte de volume du premier semestre s'explique en grande partie par l'accélération très forte du marché électrique. Sur des modèles comme la Sandero, le Duster ou le Bigster, nous ne proposons pas encore d'offre 100 % électrique", déclare Frank Marotte.
Une montée en gamme qui profite aux marques chinoises
Au premier semestre 2026, Dacia a également souffert d’une concurrence accrue, notamment marquée par l’arrivée de nouvelles marques chinoises. "Un certain nombre de nos concurrents, anciens comme nouveaux, se sont rapprochés de notre territoire. C'est le cas de Stellantis, mais aussi de certains constructeurs chinois", détaille le directeur marketing, ventes et opérations de Dacia.
Qui poursuit : "Nous faisons désormais face à une concurrence beaucoup plus frontale. Stellantis est particulièrement agressif commercialement, mais nous continuons à nous différencier grâce à nos valeurs résiduelles et à notre stratégie de prix nets." Cette stratégie permet notamment à Dacia de conserver des valeurs résiduelles supérieures de 13 points par rapport à la moyenne du marché.
Le lancement du Bigster en 2025, premier C-SUV de la marque, a également participé à la montée en gamme de Dacia, qui vise désormais à faire davantage de volumes sur le segment C. "Nous renouvelons notre gamme pour être présents sur les segments qui progressent. Avec le Bigster, nous sommes désormais bien installés sur le segment des C-SUV, l'un des plus compétitifs d'Europe", se félicite Frank Marotte.
"Nous avons aujourd'hui la gamme la plus complète de l'histoire de Dacia. Nous couvrons désormais les segments A à C avec une offre technologique qui n'a jamais été aussi riche. En revanche, je ne pense pas que Dacia ait changé de stratégie. Les réglementations et les attentes des clients nous ont conduits à faire évoluer notre offre, mais les fondamentaux du positionnement de la marque n'ont pas changé", précise-t-il.
Une éclaircie attendue au deuxième semestre 2026 ?
Dacia s’attend néanmoins à une stabilisation de ses volumes de ventes au deuxième semestre 2026. "À fin juin, notre portefeuille de commandes est quasiment au même niveau que celui enregistré un an plus tôt. Cela nous rend confiants quant à la dynamique de livraisons des prochains mois", atteste Frank Marotte.
D’autant que la marque pourra s’appuyer sur le lancement de trois nouveaux modèles électrifiés, avec l’arrivée de la Sandero hybride, du Striker et de la nouvelle génération de la Spring, produite en Europe. "Ces nouveautés vont continuer à soutenir notre performance commerciale au second semestre 2026, avec des produits qui répondent pleinement aux évolutions du marché", conclut-il.
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