Frank Marotte, Dacia : "Nous n’avons pas perdu nos valeurs en arrivant sur le segment C"

Le Journal des Flottes : Vous venez de présenter le Dacia Striker, votre nouvelle proposition du segment C. Quelles sont selon-vous les forces du modèle ?
Frank Marotte : Le Dacia Striker est une proposition unique du segment C qui a pour vocation d’attirer des clients ayant différentes attentes. Le véhicule se distingue en effet par son design très aérodynamique, ses qualités de conduite, notamment en off road, mais aussi par sa praticité et son volume intérieur.
Ses motorisations font également du Striker un véhicule très efficient. Avec l’ensemble de ce portefeuille produit, nous souhaitons nous adresser aux 40 % des clients du segment C qui ne souhaitent pas acquérir un SUV. Il s’agit donc là d’une proposition complémentaire au Bigster.
JDF : À qui s'adresse-t-il ?
F.M. : Nous allons conserver notre business model habituel. Le Dacia Striker se vendra donc majoritairement à des clients particuliers. Mais nous savons que le segment C est également très apprécié des professionnels. Nous pourrons donc aussi nous adresser aux petites flottes qui cherchent un véhicule polyvalent avec un TCO extrêmement compétitif. En revanche, nous le ferons à notre manière, c’est-à-dire sans remise nette.
Avec l’arrivée du Striker, il est probable que nous ayons environ un taux de 20 % de cannibalisation avec le Bigster ou le Jogger. Mais si le modèle nous permet de réaliser 80 % de conquête, alors ce sera une vraie réussite pour Dacia.

Le Dacia Striker affichera un ticket d'entrée fixé sous la barre des 25 000 euros. ©AdrienCortesi
JDF : Quels sont ses concurrents ?
F.M. : Le Dacia Striker n’a pas de concurrent direct. C’est une proposition assez unique. Le véhicule qui s’en rapproche le plus est la Skoda Octavia, sans pour autant être une concurrente directe. Le positionnement de la marque est en effet différent, au même titre que le prix et les motorisations qui ne sont pas les mêmes.
JDF : Il y a un peu plus d'un an, vous lanciez le Bigster, le premier C-SUV de Dacia. Quel est le bilan de sa première année de commercialisation ?
F.M. : Nous sommes très satisfaits du lancement du Dacia Bigster. Au deuxième semestre de 2025, il s’est classé en tête des ventes de C-SUV à particulier en Europe. Pour son lancement, c’est un résultat au-delà de nos espérances !
Le premier semestre 2026 a lui aussi été très satisfaisant malgré un recul de la demande pour les modèles non électriques, notamment en France et en Allemagne, en raison de la hausse des prix du carburant à la pompe.
Au final, plus de 70 % de la clientèle du Bigster sont des particuliers, tandis que 60 % de ses ventes concernent des motorisations hybrides. Ces résultats sont pleinement en ligne avec les objectifs que nous nous étions fixés. Les premiers retours de nos clients sont également très positifs, ce qui nous donne pleinement confiance sur la pérennité de notre offre.
Dacia ne s'est pas dénaturé
JDF : Votre arrivée sur le segment C traduit une montée en gamme de Dacia, mais aussi une hausse du prix moyen de votre offre. Comment conciliez-vous cette évolution avec l'ADN historique de la marque ?
F.M. : Dacia ne s’est pas dénaturé. Nous n’avons pas perdu nos valeurs en arrivant sur le segment C. Nous avons changé d’échelle, avec des véhicules qui sont certes plus gros, mais nous avons conservé, dans ce segment-là, l’intégralité des forces qui ont fait la réussite de Dacia au cours de ces dernières années.
JDF : Les constructeurs chinois proposent désormais des modèles à des tarifs très proches de ceux de Dacia. Comment abordez-vous cette nouvelle concurrence ?
F.M. : La compétitivité est stimulante et fait partie des lois du marché. Il y a effectivement eu une montée en puissance des constructeurs chinois, qui sont venus se positionner sur notre territoire de prix.
Pour autant, les fondamentaux de Dacia restent solides. Même avec des tarifs comparables, nos modèles sont très différents des offres chinoises par leur philosophie et leur proposition de valeur. Nous continuons d’ailleurs à être perçus comme une marque attractive, non seulement pour nos prix, mais aussi pour notre design et nos motorisations.
Nous avancerons progressivement vers le 100 % électrique lorsque la technologie nous permettra de le faire au meilleur prix.
JDF : Qu'en est-il de l'électrique chez Dacia ?
F.M. : Nous accompagnons nos clients vers une offre de mobilité plus moderne et plus décarbonée. Mais nous souhaitons toujours le faire au meilleur prix. Au deuxième semestre 2026, nous débutons ainsi la commercialisation de notre Sandero hybride qui est l’offre hybride la plus attractive du marché avec un prix de départ sous les 20 000 euros.
Nous avons bien entendu en perspective d’enrichir notre offre 100 % électrique, avec la nouvelle Spring qui sera vendue à moins de 18 000 euros et fabriquée en Europe, mais aussi trois nouveaux modèles 100 % électriques qui arriveront d’ici à 2030.
Nous ne cherchons pas à multiplier les technologies dans nos modèles, mais à privilégier celles qui apportent une réelle utilité aux clients. Nous avancerons donc progressivement vers le 100 % électrique, lorsque la technologie nous permettra de le faire au meilleur prix.
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