Ampere va intégrer la maison Renault

La disparition de l'entité Ampere et sa réintégration au sein du groupe Renault s'accélère. Le CSE qui s'est déroulé ce matin du 21 janvier 2026, constitue une première étape dans l'application de la volonté de François Provost, directeur général du constructeur, de revoir l'organisation du groupe.
Le changement se lit sur l’organigramme juridique. Jusqu’ici, Renault SAS détenait 100 % d’Ampere Holding, qui détenait 100 % d’Ampere SAS, elle-même maison mère de plusieurs filiales. La structure cible prévoit désormais quatre filiales directement rattachées à Renault SAS, chacune détenue à 100 % : Ampere Electricity, Ampere Cléon, une nouvelle filiale Ampere Energy, Ampere Software Technology (AST), qui conserve le développement logiciel.
Au total, deux strates seraient supprimées pour accélérer le pilotage et alléger la gouvernance. Ampere Energy regrouperait les équipes d’ingénierie et énergie jusque-là situées dans Ampere SAS.
Un modèle "disruptif" qui a servi l’accélération du VE
Née d'une décision stratégique de Luca de Meo, ex-patron de Renault, Ampere avait été créée en novembre 2023 comme une entité séparée, entièrement dédiée aux véhicules électriques et aux logiciels. L'objectif était alors d'introduire en Bourse la filiale afin de faire entrer de l'argent frais et développer plus vite tout l'écosystème lié à l'électrification des gammes.
Très optimiste, Luca de Meo estimait alors qu’Ampere pourrait atteindre une valorisation allant jusqu’à dix milliards d’euros. Mais l’enthousiasme initial s’est heurté à une réalité de marché beaucoup plus prudente. Face à une valorisation jugée insuffisante, l’opération a finalement été abandonnée en janvier 2024. "La complexité inhérente à ce modèle initial n’avait plus lieu d’être", résume une source interne.
Pour autant, le constructeur met en avant de nombreux bénéfices apportés par l'existence d'Ampere. Une organisation plus horizontale, une réduction du "time to market" et un renforcement des savoir-faire industriels et d’ingénierie. La montée en cadence de certains projets, à commencer par la Renault 5 électrique, est citée comme l’une des illustrations de cette dynamique, avec une performance industrielle en amélioration.
De même, la création de la plateforme AmpR Small par l'entité Ampere a également permis le partenariat entre Ford et Renault pour la production de deux véhicules électriques sur le site de Douai (59).
Cléon et Electricity redeviendraient des filiales directes de Renault Group
Sur le plan industriel, Renault acterait également le retour dans le giron du groupe de deux piliers : le pôle Electricity et la manufacture de Cléon, qui redeviendraient des filiales rattachées à Renault Group. Un mouvement destiné à mieux aligner l’ensemble du plan industriel.
Autre axe structurant : le recentrage sur le software, avec Ampere positionnée comme centre d’ingénierie avancée du groupe, tête de pont sur les véhicules électriques et les logiciels.
Les équipes d’ingénierie seraient concentrées sur plusieurs métiers clés : batterie, e-powertrain, gestion de l’énergie, software et systèmes, sous la supervision de Philippe Brunet, récemment nommé CTO du groupe.
Renault assure également que cette évolution organisationnelle serait neutre, du point de vue social, sans impact sur les droits et les paquets sociaux des salariés Ampere et Renault concernés, grâce au socle social commun. Sur les 12 000 salariés, environ 2 500 seraient concernés par un changement d'entité légale.
Après l'abandon de Mobilize, l'absorption d'Ampere dans la structure juridique de Renault constituerait le deuxième retour en arrière de la stratégie mise en place par Luca de Meo.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
