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Meero fonde une division automobile pour bousculer la photo à 360°

Publié le 22 juin 2022

Par Gredy Raffin
4 min de lecture
C'était l'une des surprises de l'édition 2022 des Etats-Majors du VO (EMVO). La société Meero vient de fonder une équipe pour entrer de plain-pied dans le marché de la photographie de véhicules d'occasion. L'ambition est de déloger les cadors.
CarCutter by Meero applique l'intelligence artificielle au détourage automatique de photos.
CarCutter by Meero applique l'intelligence artificielle au détourage automatique de photos.

A ceux qui pensaient que les positions étaient figées, ils pourraient bien s'être trompés. Le marché de la photographie à 360° des véhicules d'occasion vient de voir débarquer un nouveau compétiteur. En fondant une division propre à l'automobile, le groupe français Meero montre ses ambitions.

 

Sa présence constituait une surprise aux Etats-Majors du VO (EMVO), le 18 mai 2022. Mais son stand n'a pas manqué d'attirer les regards et les visiteurs. Le rendez-vous du Journal de l'Automobile ayant servi de coup d'envoi pour le groupe français qui entend venir bousculer les acteurs en place.

 

Rachat stratégique

 

Mais qui est Meero ? "Nous sommes un expert mondial de la photographie et nous appliquons notre méthode à diverses verticales, explique Julien Rebaud, le cofondateur et DG France. Nous avons débuté en tant que plateforme de mise en relation avec des photographes professionnels et nous avons par la suite ajouté une couche de technologies pour les retouches".

 

A la faveur de trois levées de fonds successives de 15 millions, puis de 45 millions et de 250 millions d'euros, l'entreprise française a obtenu les moyens de réaliser des acquisitions. Parmi les investissements réalisés, il y a ainsi eu le rachat en début d'année 2022 de CarCutter, une société autrichienne qui édite une solution de détourage des photos de véhicules.

 

"Notre choix s'est porté sur ce dossier car nous voulions un acteur reconnu sur la scène internationale et dont le niveau de perfectionnement nous permet légitimement de démarcher les distributeurs de véhicules d'occasion", explique Julien Rebaud, lors d'une rencontre dans le siège parisien de Meero.

 

En remplacement des studios

 

Désormais, fort de cette base technique, il a acté la constitution d'une cellule dédiée dont les rênes ont été confiées à Fanny Servoin, ancienne collaboratrice du groupe Auto1. Autour d'elle, se sont agrégés des profils aux compétences commerciales avérées. Ils ont alors commencé à présenter la solution CarCutter by Meero aux concessionnaires majeurs, aux constructeurs, aux loueurs et aux infomédiaires en priorité.

 

L'argumentaire repose sur la dimension technique. "Photographier un véhicule prend du temps. Nous avons donc opté pour une intégration de la technologie dans les smartphones sous forme d'application très simple. En plus, les distributeurs n'ont plus envie de consacrer des dizaines de milliers d'euros dans la création d'un studio", soutient Julien Rebaud.

 

Démonstration à l'appui, Fanny Servoin illustre le propos. En moins d'une minute, la responsable commerciale de la branche automobile fait le tour d'un véhicule d'occasion pour prendre 8 clichés qui ont instantanément généré une vue à 360°. "A la demande du client, nous intégrons ou créons n'importe quel fond, puis nous transférons sans tarder le fichier dans le DMS", présente-t-elle la suite du parcours d'utilisation.

 

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Les contrats de Meero sont négociés à l'année et calculés en fonction du volume potentiel de véhicules. Le prix devrait se limiter à 6 euros par unité et par mois en moyenne. Cela inclut l'accès à la solution et à la prestation de retouche par des spécialistes dès que nécessaire. En effet, si l'intelligence artificielle réalise un travail de très bonne facture, une équipe est tout de même en mesure d'intervenir sur des détails qui comptent dans les 5 heures qui suivent la prise de vue.

 

CarCutter by Meero se concentre pour le moment sur son métier premier. "Nous savons qu'une photo bien traitée en détourage donne plus confiance aux internautes et engendre 52 % de clics en plus", rapporte Julien Rebaud. Mais il faudra rapidement trouver un moyen de proposer de la détection de dégât. "Un impératif", admet le DG. Pour le moment, la solution permet au moins d'indiquer les "spots" par souci de transparence pour inviter les prospects à zoomer.

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