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Le marché des lubrifiants poursuit son érosion

Publié le 19 décembre 2022

Par Marc David
5 min de lecture
Avec une chute des ventes de 12,8 % enregistrée en octobre 2022, le marché des lubrifiants automobiles accuse un recul de 3,1% depuis le début de l'année. Une baisse que les professionnels estiment liée à la réduction du stockage dans les ateliers.
Toujours marqué par une érosion côté volumes, le marché des lubrifiants connaît actuellement une certaine inflation.

Avec un mois de septembre 2022 à + 0,1 % (contre - 2,8 % en août) de source CPL (Centre Professionnels des Lubrifiants), le marché des lubrifiants a poursuivi son érosion en volume sur les neuf premiers mois de l'année, accusant un recul à -2,3 %.

 

Reste que, bien sûr, tous les regards se tournent sur octobre. Le CPL venant tout juste de mettre en ligne ses statistiques, le constat se révèle sans appel. Avec un mois d'octobre à - 12,8 %, le recul sur les 10 premiers mois de l'année franchit cette fois la barre des - 3 %, à - 3,1 % (238 640 tonnes dont 133 100 tonnes pour les moteurs de voitures de tourisme).

 

En termes d'année courante (1er novembre 2021 au 31 octobre 2022), la baisse se révèle toutefois moindre, puisqu'égale à - 1,8 % (283 750 tonnes). Une chose est certaine, le recul enregistré en octobre sur les lubrifiants se révèle nettement supérieur à celui des carburants. En effet, selon les derniers chiffres publiés par le CPDP (Comité Professionnel du Pétrole), les livraisons de carburants routiers ont baissé de 3 % (- 3,7 % pour le gazole et – 1,1 % pour les supercarburants sans plomb) sur ce mois d'octobre 2022, par rapport à octobre 2021.

 

"Comme on le sait, le mois d'octobre a été fortement perturbé par les mouvements sociaux dans les raffineries, lesquels ont entraîné de grosses difficultés d'approvisionnements des stations-services, rappelle Olivier Gantois, président d'Ufip Energies et Mobilités. Malgré cette situation, les distributeurs de carburants routiers ont pu livrer 97 % des volumes qu'ils avaient distribués au mois d'octobre 2021".

 

Aucune corrélation entre les carburants et les lubrifiants

 

Un élément clé (quelque peu surprenant) à même de donner une bonne indication côté trafic. Seulement, au vu des chiffres, impossible d'effectuer une corrélation avec le secteur des lubrifiants, d'autant qu'un autre élément vient quelque peu brouiller les cartes, la fréquentation des ateliers. Selon la dernière étude de conjoncture de la réparation automobile menée par Xerfi Spécific, et dévoilée lors du dernier Club de la Distribution Automobile (CDA) de la Feda, l'activité des garages (toutes catégories confondues) a bondi de 3,4 % sur les deux derniers mois analysés (septembre-octobre), le niveau de chiffres d'affaires ayant augmenté de 2,5 % par rapport à 2021 et de 4,5 % par rapport à 2019.

 

Un schéma validé par le groupe Dubreuil, bien placé pour ce qui concerne la vente de pièces détachées. Pour ce qui est plus particulièrement des lubrifiants, il convient de s'adresser à la filiale de ce groupe, à savoir Lubexcel, distributeur officiel sur l'Hexagone des produits Shell, Texaco, Wolf ainsi que ceux de sa propre marque. "Évidemment, les résultats peuvent s'avérer très variables selon les différents acteurs mais en ce qui nous concerne, nous accusons en octobre une légère baisse de 1 % sur les huiles automobiles, indique Eric Lhomer, directeur général de la société. En revanche, depuis le début de l'année en cours, nous sommes à + 2 %, un résultat très correct".

 

Maintenant, au-delà de cet aspect volume, le marché actuel se caractérise selon lui d'une part par une certaine agressivité commerciale, d'autre part par un changement de comportement des clients professionnels, un peu plus dans la comparaison qu'auparavant au vu du contexte inflationniste.

 

Une tendance haussière exceptionnelle

 

"L'autre phénomène est que les clients ont tendance à moins stocker qu'auparavant, ceci dans la mesure où les trésoreries se resserrent quelque peu, note-t-il. Évidemment, cette tendance a des conséquences directes sur les achats". Remarque pertinente que celle-ci dans la mesure où le phénomène se serait apparemment inversé par rapport au premier semestre, marqué par le début de la guerre en Ukraine et la tendance haussière des produits. Question : et si, comme le craignait à l'époque Eric Candelier (président de Yacco) en particulier, la profession payait aujourd'hui cette démarche de stockage, ou plutôt de surstockage, constatée auparavant ? Peut-être.

 

Depuis 30 ans sur le secteur, Eric Lhomer apporte sa vision. "Le marché des lubrifiants a évolué comme jamais, fait-il remarquer. Auparavant, il était exceptionnel que ce marché subisse une hausse de 2 à 3 % par an. Cette année, si je me réfère à mon prix moyen de vente, le marché a pris 35 % de hausse. En particulier, il a connu deux augmentations tarifaires de 30 à 40 cts en moyenne depuis le mois de juin, ce qui est loin d'être négligeable. Sur l'année, le litre d'huile coûte un euro de plus que l'an passé".    

  

Un élément qui amène (à nouveau) à se pencher sur le cours des matières premières. Selon Eric Lhomer, la pénurie sur certains additifs demeure d'actualité et c'est particulièrement vrai pour les huiles de transmission. Quant aux huiles de base, le directeur général de Lubexcel constate une légère baisse du cours des huiles de base minérales, malheureusement compensée par l'effet dollar puisque celui-ci a repris de la valeur ces deux derniers mois. "Ce n'est pas le cas des huiles de base synthétiques, dont le niveau de prix demeure élevé, indique-t-il. Or, dans l'automobile et en particulier pour ce qui concerne les concessionnaires et agents, tous préconisent et utilisent les huiles de synthèse, de viscosité 5W-30, 0W-30 ou 0W-20".

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