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La maintenance automobile à l'épreuve de l'électrification du parc

Publié le 6 novembre 2023

Par Thomas Blanc
4 min de lecture
La maintenance des véhicules particuliers est amenée à être bousculée avec l'électrification du parc roulant. La dernière étude de l'Observatoire des métiers des services de l'automobile montre que cela provoquera un changement des opérations de maintenance et des pertes d'emploi.
anfa maintenance automobile véhicule électrique
Les véhicules électriques ne permettent pas autant d'opérations que les véhicules thermiques et sont plus souvent réparés par les réseaux constructeurs. ©AdobeStock/speed300

L'Anfa, l'Association nationale pour la formation automobile, surveille la percée des modèles électriques dans le parc automobile et s'intéresse régulièrement aux conséquences de leur arrivée dans les garages sur les opérations de maintenance.

 

En 2020, l'Association nationale pour la formation automobile estimait entre 700 et 1 900 le nombre d'emplois perdus annuellement par la branche de l'après-vente. En 2023, elle republie une étude qui met en exergue trois scénarios prospectifs plaçant cette fois-ci entre 1 500 et 3 000 la fourchette d'emplois perdus annuellement.

 

Cette réévaluation est due à la montée en puissance du nombre de véhicules électriques dans le parc automobile d'ici 2035. Leur arrivée dans les garages, notamment ceux des réseaux des constructeurs, sera synonyme d'une baisse de l'activité, car un VE demande bien moins d'opérations d'entretien qu'un véhicule thermique.

 

Le nouveau né de ces scénarios prévoit une croissance du nombre de véhicules électriques par étapes à partir de 2025. Entraînant avec elle, une perte de 1 800 emplois par an pour le secteur.

 

Il prévoit également 27 % de motorisations électriques en 2036, qui réalisent une percée face au parc automobile traditionnel vieillissant et aux hybrides. Des hybrides justement dont il a été difficile d'estimer l'importance selon Jocelyn Gombault, responsable de projet à l'observatoire de branche des services de l'automobile.

 

"Nous avions mis de côté les hybrides dans les précédents scénarios. Mais en fait ils se portent bien donc nous avons dû les réintégrer (à hauteur de 13 % du parc en 2036 Ndlr). Nous faisons tout de même baisser leur volume à partir de 2030 car les VE devraient descendre sous les 25 000 euros".

 

Des compétences en réparation de batterie absolument nécessaires

 

Et au vu de cette avancée du VE, quid de la batterie et de sa réparation ? Une activité naissante qui doit être prise en compte par les réparateurs automobiles. Encore rare aujourd'hui, la réparation remplit un double objectif.

 

D'une part éviter lors d'une panne que le véhicule soit déclaré économiquement irréparable à cause du coût d'un remplacement complet de batterie. D'autre part, lutter contre l'obsolescence fonctionnelle des véhicules électriques traduit par la loi du 17 août 2015.

 

Les constructeurs commencent à s'emparer du sujet comme, par exemple, Renault qui aide et forme ses réparateurs agréés sur le sujet.

 

Une activité essentielle pour aider les réseaux constructeurs à survivre selon Jocelyn Gombault qui rappelle qu'un VE nécessite moins d'opérations d'entretien. "Il est d'une importance capitale que le secteur puisse développer de nouvelles compétences comme la réparation de la batterie pour éviter un risque beaucoup plus important de perte d'emploi".

 

Mais, la complexité et les spécificités entre les différents concepteurs de batteries permettent-elles seulement des interventions de réparation ?

 

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Un deuxième scénario prospectif envisagé par l'observatoire des métiers des services de l'automobile, rédigé en 2021, donnait une place plus importante aux VE (40 % du parc en 2036) en se basant sur les immatriculations post Covid.

 

Ce scénario, s'il est confirmé, fait grimper à 3 000 les pertes d'emploi annuelles de la branche. Malgré la consommation plus rapide de pneumatiques, les carnets d’entretien des véhicules électriques comportent très peu d’activité de maintenance.

 

De manière globale, la vitesse de l’électrification du parc risque de générer une perte d’emploi plus ou moins rapide, même si pour le moment les effets de l’électrification sur l’emploi sont largement amortis par le vieillissement du parc.

 

À la loupe, les réseaux des constructeurs vont bien plus souffrir de ces pertes d'emploi que les MRA qui ne seront concernés que bien plus tard. Cela est dû au fait qu'ils traitent des véhicules plus anciens et donc à motorisation thermique. Des véhicules qui permettent au secteur de la maintenance de véhicules de créer des emplois de façon soutenue depuis 2014.

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