JOURNAL DE L’AUTOMOBILE. Quelle est la légitimité de Mobile Devices sur ce marché de l’électronique embarquée ?
AARON SOLOMON. Nous avons dix années d’expérience derrière nous, mais notre modèle a toujours été de nous inscrire dans un schéma B-to-B-to-B ou B-to-B-to-C, ce qui explique notre manque de notoriété. Toutefois, nous sommes à l’origine de produits tels que le Coyote Nav V2 et le Mappy MultiConnect, nous travaillons avec des acteurs majeurs comme Qualcomm, aux Etats-Unis, et fournissons à Peugeot la clé multifonction qui permet la connexion de la 208.
JA. Vous vous lancez sur un marché difficile, pourquoi ce pari ?
AS. Nous avons pris cette décision il y a deux ans, partant de plusieurs constats. Tout d’abord, nous avons compris que nous devons devenir maîtres de la politique commerciale qui conditionne le fonctionnement de nos usines. Ensuite, il faut reconnaître que ce milieu est en crise d’innovation. Les assistants d’aide à la conduite (ex-avertisseurs de radar, N.D.L.R.), les PND et les kits main-libre arrivés au bout d’un cycle de développement n’ont rien apporté de nouveau depuis quelque temps.
JA. Qu’allez-vous apporter avec Munic ?
AS. La plateforme idéale pour la voiture n’existe pas encore. Les rares projets qui aboutissent ne sont que des réadaptations à moindre coût de solutions existantes et destinées à d’autres domaines, notamment l’informatique ou la téléphonie. Nous voulons révolutionner le secteur en apportant du service. TomTom et Garmin ont, à mon sens, fait une erreur stratégique en ne retenant pas une plate-forme ouverte, ce qui a conduit à un appauvrissement du contenu.