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Industrie

Le scénario présenté par Bercy inquiète les syndicats de Bridgestone Béthune

Publié le 23 octobre 2020

Par Romain Baly
3 min de lecture
Le projet de relance du site nordiste dévoilé lundi 19 octobre 2020 par le gouvernement, prévoyant notamment de sauver plus de la moitié des emplois, n'a pas rassuré l'intersyndicale de Bridgestone. Celle-ci s'inquiète du flou entourant ce scénario et demande des précisions.
L'intersyndicale de Bridgestone entend obtenir des précisions quant au projet dévoilé par Bercy.

 

Si les efforts de l'exécutif pour tenter de dénouer l'imbroglio entourant l'avenir de l'usine Bridgestone de Béthune sont à saluer, les mesures présentées lundi 19 octobre 2020 par la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, n'ont pas rassuré tous les salariés. L'intersyndicale de Bridgestone s'inquiète en effet du flou du scénario présenté par Bercy pour éviter la fermeture du site et demande des précisions rapides tant sur le contenu du projet que sur l'investissement de l'Etat, a indiqué, jeudi 22 octobre, son avocat à l'AFP.

 

Qu'en pense réellement Bridgestone ?

 

"Il faut nous dire rapidement ce qu'il en est et qu'ils ne fassent pas rêver les gens", a souligné Me Stéphane Ducrocq à l'issue de deux assemblées générales des salariés jeudi. Il a évoqué un "scénario au doigt mouillé pour lequel on ignore absolument si Bridgestone est d'accord ou pas". Lundi, le gouvernement a proposé à Bridgestone un "scénario" pour éviter la fermeture du site de Béthune, annoncée en septembre par le géant japonais du pneumatique et qui menace 863 emplois.

 

Fondé sur une expertise du cabinet Accenture, ce projet industriel prévoit une production sur place de 3 millions de pneus de qualité supérieure et maintiendrait plus de 460 à 560 emplois. Il suppose une restructuration, 100 millions d'euros d'investissement et de 25 à 40% de gains de productivité. L'Etat dit qu'il est prêt à contribuer à l'investissement sur le site, "mais combien, comment ?" s'est interrogé Me Ducrocq.

 

Trois semaines pour valider ou non le projet

 

Dans un communiqué de presse daté du 21 octobre, l'intersyndicale s'est affirmée "inquiète", déplorant que le projet dévoilé à Bercy "reste muet sur les investissements massifs qui avaient été promis par l'État dans le cadre du plan de relance". Demandant à participer à une réunion avec le gouvernement et la direction de Bridgestone Europe, elle a assuré qu'elle n'accepterait "qu'un projet viable à long terme qui garantisse le maximum d'emplois sur site". Mardi, Agnès Pannier-Runacher avait indiqué que le gouvernement se donnait trois semaines pour valider ou non le scénario en question.

 

Des experts du cabinet Accenture doivent venir le 29 octobre à l'usine de Béthune, a indiqué Me Ducrocq, qui espère alors obtenir des précisions sur les contours du projet. "Le scénario d'une fermeture n'emporte pas les mêmes mesures que le scénario où on ne licencie pas tout le monde", a-t-il rappelé, alors que le top départ des cinq mois de négociations du plan de sauvegarde de l'emploi a été donné le 1er octobre. (avec AFP)

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