Le haut-commissariat au Plan sonne l'alerte face au rouleau compresseur chinois

L'industrie européenne est à la croisée des chemins. Entre la volonté de conquête commerciale de la Chine, la fermeture relative des États-Unis et le contexte géopolitique, notamment avec la guerre en Ukraine, l'Europe, et particulièrement son industrie, est à un moment critique.
Dans ce contexte, le haut-commissariat à la Stratégie et au Plan s'est penché sur les productions chinoises qu'il compare à un rouleau compresseur.
"La concurrence chinoise menace désormais le cœur productif de l’Europe. Ce rapport montre que nous ne sommes plus face à un choc sectoriel, mais à une dynamique systémique qui appelle un changement profond de logiciel au niveau européen", souligne en introduction Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.
Le rapport fait d'abord des constats : "Depuis les années 2010, la Chine a réorienté sa politique industrielle pour monter en gamme et se positionner sur des secteurs à forte valeur ajoutée (véhicules électriques, batteries, machines-outils, pharmacie, robotique)."
La Chine représente ainsi un tiers de la production manufacturière mondiale, contre environ 15 % pour l'Europe, et dégage des excédents commerciaux manufacturiers records.
Cette situation constitue une double menace : sur le marché intérieur mais aussi sur les marchés d'exportations de l'Europe. Ainsi, les exportateurs européens pourraient voir 25 % de leurs exportations menacées par la montée en puissance de la Chine.
55 % de la production manufacturière de l’UE exposée à une concurrence chinoise
Quant au marché intérieur européen, "jusqu’à 55 % de la production manufacturière de l’Union européenne pourrait se trouver exposée à une concurrence chinoise difficilement soutenable à moyen terme", indique le rapport.
Cela peut même grimper à environ 70 % en Allemagne, 60 % en Italie, 50 % en Espagne et 36 % en France.
Naturellement, l'automobile est concernée car 40 % de la production mondiale de véhicules particuliers sort des usines chinoises. Le pays est même devenu le premier exportateur mondial de véhicules.
Le rapport pointe aussi, tous secteurs confondus, la différence de coûts qui peut atteindre 30 à 40 % selon les secteurs et parfois même plus.
Le tableau n'est pas brillant et la réponse doit être urgente. Le haut-commissaire demande un nouveau logiciel, un changement de paradigme autour de deux grandes options visant à neutraliser ces écarts de compétitivité : la mise en place de l’équivalent d’un droit de douane général de l’ordre de 30 % vis-à-vis de la Chine, ou une dépréciation de l’euro de l’ordre de 20 à 30 % par rapport au renminbi.
Vous pouvez télécharger ici l'intégralité du rapport et l'édito de Clément Beaune, le haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.
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