Journal de l'Automobile : Les marchés automobiles souffrent toujours de la pénurie de semi-conducteurs qui pénalisent la production. Quelle visibilité avez-vous sur le niveau d'approvisionnement ?
Christophe Périllat : Les marchés restent bons malgré des capacités de production réduites. Au final, nous voyons que 13 millions de voitures n’ont pas été produites à cause des deux années où la pandémie a sévi. Sur le premier trimestre 2022, les pertes de production sont estimées entre 1,5 million et 1,6 million de véhicules, pour des raisons bien connues désormais. 70 % de ces non-productions trouvent leur cause dans la pénurie de semi-conducteurs, le reste étant à mettre au compte du Covid en Asie pour 18 % d'entre elles et 13 % à cause de la guerre en Ukraine. Il faut plus de quatre ans pour construire une nouvelle usine de semi-conducteurs et deux années pour augmenter la capacité d’une usine existante. A la fin de l’année 2022, les premières capacités additionnelles se mettront en place. Aujourd’hui, nous le voyons, l’automobile a bénéficié d’arbitrages supplémentaires, favorables de la part de ces producteurs et de nouvelles capacités ont donc été allouées. Valeo, qui est un grand électronicien, consomme près de 250 millions de composants par jour. Nous sommes un grand acheteur et donc nous vivons à plein cette crise depuis 2021. Mais globalement la situation s’améliore trimestre après trimestre.