Début décembre dernier, nous apprenions la potentielle mise en vente de DuPont Coatings, l'activité peinture du groupe éponyme. Un coup de tonnerre dans le paysage des "majors" de la peinture, sur fonds de résultats financiers décevants, et sur la volonté du groupe de réorienter sa stratégie vers d'autres activités. Interrogée sur le sujet, Ellen Kullman, la présidente du groupe DuPont, était alors restée évasive, sans toutefois démentir: "Si certaines de nos unités n'atteignent pas leurs objectifs, nous envisagerons naturellement plusieurs possibilités, et aucune d'entre elles n'est à exclure..." Et le groupe d'établir une feuille de route imposant à ses différentes unités une croissance de 7 % en termes de ventes et une marge de 12 %. Mais cela n'aura pas suffi.
Aujourd'hui, le rachat est officiel. C'est Carlyle Group, une société d'investissement américaine, qui s'offre DuPont Performance Coatings pour 4,9 milliards de dollars. La transaction devrait être bouclée au premier trimestre 2013, après les approbations légales. On imaginait naturellement voir surgir des offres de la part de la concurrence, à savoir BASF, Akzo Nobel et PPG. Seulement, vu leur taille, il y a fort à parier que les organismes régulateurs n'auraient pas cautionné un rachat de cette ampleur.
Dans son communiqué, Carlyle indique qu'il poursuivra des investissements ciblés sur les technologies de future génération, pour conserver la position de DuPont. D'autre part, le fonds d'investissement confie son intention de s'appuyer sur la notoriété et la présence mondiale des marques, pour accélérer la croissance sur les marchés émergents, en particulier la Chine et le Brésil.