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Industrie

Accord UE–Inde : un pari stratégique pour les constructeurs automobiles européens

Publié le 27 janvier 2026

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Signé le 27 janvier 2026, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde ouvre progressivement l’accès au troisième marché automobile mondial. Sans garantir de percée immédiate, il pourrait lever des barrières tarifaires longtemps dissuasives et offrir aux constructeurs européens une nouvelle zone géographique de croissance.
Accord UE Inde
Signé le 27 janvier 2026, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde ouvre progressivement l’accès au troisième marché automobile mondial. ©Commission européenne

Dans un contexte mondial tendu, marqué par un repli de nombreux marchés et une montée des barrières commerciales, l’accord de libre-échange signé le 27 janvier 2026 entre l’Union européenne et l’Inde est perçu par les constructeurs automobiles européens comme une opportunité stratégique majeure.

 

Conclu après près de 20 ans de négociations, ce pacte devrait réduire ou supprimer les droits de douane sur près de 97 % des biens échangés entre les deux zones. À terme, il pourrait permettre de doubler les exportations européennes vers l’Inde d’ici 2032 et de générer jusqu’à quatre milliards d’euros d’économies annuelles en droits de douane. En 2025, les exportations automobiles européennes vers l’Inde sont estimées à 1,6 milliard d’euros.

 

Un assouplissement progressif des droits de douane

 

Dans le secteur automobile, l’Inde a accepté de ramener les taxes sur l’importation de voitures européennes historiquement très élevées pouvant atteindre jusqu’à 110 %. Celles-ci passeront d’abord à 35 %, puis à environ 10 %, dans la limite d’un quota annuel de 250 000 véhicules, dont 160 000 à motorisation thermique. Les droits appliqués aux pièces et composants doivent, quant à eux, être progressivement supprimés sur plusieurs années, facilitant l’intégration des chaînes d’approvisionnement entre l’Europe et l’Inde.

 

Malgré certaines réserves, les organisations professionnelles ont accueilli favorablement l’accord. L’Association des constructeurs européens (ACEA) y voit une étape importante pour ouvrir un marché jusqu’ici très protégé. L’Organisation internationale des constructeurs automobiles (OICA) insiste, de son côté, sur la portée plus globale du texte.

 

"Cet accord constitue une étape clé pour les constructeurs automobiles européens, ainsi que pour le marché et l’industrie automobiles en pleine croissance en Inde", déclare notamment François Roudier, secrétaire général de l’OICA.

 

Renault, Volkswagen et les Allemands déjà en ordre de marche

 

Pour les industriels européens, l’Inde représente avant tout un marché à fort potentiel, porté par une démographie dynamique et l’essor d’une classe moyenne. En 2025, environ 4,5 millions de véhicules y ont été vendus, faisant du pays le troisième marché automobile mondial. L’accord ne garantit toutefois pas une percée rapide des marques européennes, mais il commence à lever des obstacles tarifaires et réglementaires qui ont longtemps freiné leur développement.

 

Si les dirigeants de Mercedes-Benz, BMW et Volkswagen ont salué une opportunité stratégique pour l’industrie allemande, l’accord suscite aussi l’intérêt des constructeurs français. Renault, notamment, vient de lancer en Inde une nouvelle génération du Duster, spécialement adaptée au marché local. Le groupe y produit également la Kwid, le Triber, illustrant une stratégie fondée sur l’ancrage industriel local, appelé à être renforcé par le nouvel accord commercial.

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