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Distribution

Le VO, une valeur de plus en plus sûre

Publié le 14 février 2013

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Par Benoît Landré
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11 min de lecture
Malgré un fort recul en décembre, le marché de l’occasion a dépassé pour la troisième année consécutive la barre des 5,3 millions d’unités. Un bilan satisfaisant, dans un contexte toujours aussi fragile, qui contraste fortement avec la chute du VN. Il s’est immatriculé l’an passé 2,8 VO pour 1 VN. Un record.
Renault entend reconquérir des parts de marché sur le segment des produits de moins de deux ans en 2013 grâce à une offre VO dissociée du VN.

Le marché de l’occasion aurait pu marquer les esprits en concluant l’exercice 2012 sur un bilan positif, mais le mois de décembre est venu rappeler qu’il était rarement favorable au commerce automobile. A l’équilibre parfait au cumul des onze premiers mois, avec un total de 4 985 997 VO immatriculés, le marché a en effet subi un net recul de 14,9 % en décembre, qui comptait de surcroît deux jours ouvrables de moins qu’en 2011. Au final, 5,371 millions d’immatriculations ont été comptabilisées en France en 2012, soit un léger repli de 1,3 %. Le bilan statistique reste grandement satisfaisant. Alors que le marché des véhicules neufs fait le yo-yo, celui des produits de seconde main se distingue par sa stabilité, puisque 5,386 et 5,440 millions d’unités avaient été respectivement immatriculées en 2010 et 2011. Pour la troisième année consécutive, la barre des 5,3 millions d’unités a donc été franchie. En 2012, il s’est immatriculé un total de 2,8 VO pour 1 VN. Jamais le pays n’avait connu un tel écart entre le marché de la seconde main et celui du neuf. En 2007, où le marché avait établi son record avec un volume de 5 570 764 immatriculations, le rapport était de 2,7 VO pour 1 VN.

VO de moins d’un an : un terrain inhospitalier

Comme prévu, le segment des produits récents, qui compose encore le gros des parcs des distributeurs, a fortement souffert des opérations commerciales et des remises agressives proposées tout au long de l’année sur les voitures neuves. Avec 426 700 immatriculations, le marché des VO de moins d’un an a dévissé de 7,4 % par rapport à 2011. Les marques françaises et les constructeurs généralistes ont été les plus touchés par cette bataille. Juste avant le Mondial de l’Automobile, Ford avait ainsi marqué les esprits en lançant une opération de promotion défiant toute concurrence : une remise de 5 000 euros sur la Fiesta, toutes versions confondues à l’exception de l’entrée de gamme. Avec un prix moyen abaissé de 25 à 33 % selon la version choisie, le prix du véhicule neuf était donc égal ou inférieur à une Fiesta de moins d’un an. Le lancement de la nouvelle Clio, en septembre, n’a pas été sans effet non plus sur le mix de ventes des distributeurs de la marque au losange l’an passé. “Ponctuellement, en fonction des périodes, des opérations commerciales ou des catégories de véhicules, il nous était impossible de rivaliser en VO sur certains produits ou certaines séries limitées en neuf, comme ce fut le cas par exemple avec la Clio Alizé à 8 990 euros”, illustre Franck Taormina, vendeur VO chez Renault Galtier Libération, à Grenoble (groupe Manuel). La Clio, dont les immatriculations ont reculé de 4,3 % en 2012 dans l’Hexagone, a d’ailleurs perdu son statut de modèle le plus commercialisé sur le marché de l’occasion, aux dépens de la Mégane (voir tableau Top 10). Une situation qui, associée à la maîtrise permanente des valeurs résiduelles, conforte la stratégie de beaucoup de constructeurs de limiter les ventes aux loueurs courte durée. “Les ventes du réseau se sont déplacées sur la tranche des produits de trois à cinq ans. Mécaniquement, ce repositionnement a provoqué une baisse des marges, que l’on peut également imputer au maintien en stock de certains produits qui se sont alors retrouvés en décalage avec les prix du marché. Aujourd’hui, nous sommes contraints d’être rentables sur le VO. Entre 400 et 500 euros de MBA par VO, nous sommes relativement à l’aise, 300 euros de MBA est le seuil minimum”, juge Serge Piétri, qui a succédé, début janvier, à Christophe Chevreton au poste de directeur VO de Renault.

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