Dans le sillage d’une croissance satisfaisante en 2010 et avec la perspective de la disparition de la prime à la casse, d’aucuns imaginaient le marché de l’occasion enfin guéri de la crise et surtout débarrassé des mesures “parasites”. Les voyants étaient au vert, la route dégagée, 2011 devait être l’année de la confirmation, de l’envol. Avec un total de 5 440 856 immatriculations, il a progressé de 1 % en 2011, soit un petit saut, mais pas un bond, et encore moins un envol. Le bilan est donc un peu décevant. Pourtant très prometteur au cumul des cinq premiers mois (+ 4,9 %), le marché a décroché au début de l’été. La résistance du VN très vite relayée par une situation économique morose ont ainsi rendu le second semestre plus compliqué. Le VO a également rencontré ses petits soucis “personnels”, structurels, comme la pénurie de matériels durant les six premiers mois de l’année. Une fois le problème résolu, à partir de la rentrée de septembre, la demande s’est révélée moins porteuse. “Cela a perturbé la lisibilité de l’activité occasion en 2011. Il est certain qu’il est plus confortable de courir après les véhicules qu’après les acheteurs, mais notre mission n’en reste pas moins de satisfaire le client, en veillant notamment à trouver le bon équilibre, la bonne offre”, réagit Marc Firome, directeur du service véhicules d’occasion de Peugeot.
Le songe des 5,5 millions de VO
En dépit de ces quelques contrariétés, le marché de la seconde main a réalisé en 2011 sa meilleure performance statistique depuis la crise, en dépassant les volumes de 2008, 2009 et 2010. Il reste cependant en retrait par rapport à 2007, année de référence, où 5 570 749 unités avaient été immatriculées, soit un différentiel notable de 140 000 voitures. La barre des 5,5 millions de VO sera désormais très difficile à dépasser. L’an passé, les immatriculations de VO ont été 2,5 fois plus importantes que celles de VN mais, surtout, 4,7 fois plus élevées que les transactions de voitures neuves à particuliers, ce qui en fait l’un des marchés de la seconde main le plus dynamique d’Europe. Autre caractéristique propre à la France, 64 % des transactions restent réalisées par les particuliers, au détriment des professionnels. Une tendance qui n’en est plus vraiment une tant les professionnels peinent à reprendre leur place dominante sur ce marché face à la puissance des sites de petites annonces, Leboncoin en tête. Dès lors, le taux de reprises moyen au sein des affaires, qui affichait il y a quelques années 70 %, n’atteint plus que 35 % aujourd’hui, particulièrement affaibli par la prime à la casse.