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Distribution

Le groupe Sofipel sort de sa zone de confort

Publié le 4 mars 2014

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Par Benoît Landré
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7 min de lecture
Longtemps cantonné à la Bretagne, Sofipel voit aujourd’hui plus loin avec une ouverture prochaine à Caen et des visées en Loire-Atlantique. Mais le spécialiste VO goûte aussi, depuis peu, à la distribution VN avec Suzuki.
La holding Sofipel a racheté l’enseigne Jacques Bervas en 2004 à… Jacques Bervas. Dix ans plus tard, elle va développer un cinquième point de vente à Caen.

“Nous nous caractérisons par cette volonté farouche d’indépendance”, nous confiait, en 2011, Marc Pelleau, président du groupe Sofipel. Le décor était planté. L’adage qui stipule que “l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même” caractérise à merveille la philosophie du groupe breton, qui a façonné ces vingt dernières années un maillage qui n’a pas vraiment d’équivalent en France. Spécialisé dans la vente de véhicules d’occasion via six enseignes complémentaires – Jacques Bervas, Premium by AutoStore, Kersaint Auto, Hyper Auto, Sélection Auto et Caréco Brest (seule petite “entorse” à l’indépendance farouche prônée par le dirigeant) –, le groupe, créé en 1993, est devenu l’acteur indépendant le plus important sur le marché de l’occasion avec 13 000 unités commercialisées en 2013, dont 70 % à particuliers. Un joli succès, qui repose sur la construction d’un réseau de points de vente cohérent sur toute la Bretagne, facilitant les synergies entre les six enseignes, répondant chacune à une cible de clientèle spécifique, mais également sur la maîtrise des coûts (logistique, transport, fournisseurs) ou encore la centralisation des achats. Très discret, le groupe a longtemps donné l’impression d’être refermé sur lui-même, comme pour mieux défendre son pré carré. “Nous aimons bien être maîtres chez nous”, confie Yannick Sevestre, directeur financier de la holding Sofipel. “Mais le groupe a évolué”, assure le dirigeant. Il s’est notamment ouvert.

Création d’un “pôle” automobile à Kersaint-Plabennec

Lorsque l’on siège à Brest, le développement ne peut se faire que dans un seul sens. Le groupe a donc d’abord repoussé les frontières départementales pour aller s’implanter dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan, avant de parachever son quadrillage breton en ouvrant un quatrième point de vente Jacques Bervas à Rennes, en 2011. A l’époque, Marc Pelleau était déjà très clair : “Sur la Bretagne, hors Loire-Atlantique, pour nous, c’est fini.” La boucle était bouclée. Le groupe, qui tient à respecter une distance stratégique de 150 km entre chaque point de vente afin d’éviter toute cannibalisation, aurait pu en rester là, consolider ses positions, ou entrevoir des développements via ses autres enseignes. Pourquoi ne pas ouvrir un deuxième Premium By AutoStore, par exemple ? “Parce qu’il est plus difficile de dupliquer une enseigne comme Premium By AutoStore, qui nécessite de trouver un bon emplacement et d’y implanter un showroom important. Elle a atteint son rythme de croisière sur Brest, quatre ans après son ouverture”, répond Yannick Sevestre. En 2013, le groupe a bien saisi l’opportunité d’ouvrir une deuxième structure Hyper Auto à Kersaint-Plabennec (29), créant ainsi un petit “pôle” automobile sur l’axe Brest-Morlaix, mais le dirigeant assure qu’un tel projet ne verra pas le jour ailleurs. “Nous avons pu créer ce pôle suite au rachat des parts que possédait Laurent Henault, notre ancien associé à Kersaint Auto. Nous avons trouvé un accord avec lui afin qu’il quitte l’entreprise fin 2013 en raison de divergences flagrantes sur sa gestion économique et commerciale, en total désaccord avec la politique de notre groupe. Ce développement était aussi une réponse aux besoins des clients sur des produits à petits budgets. Mais il nous a fallu presque dix ans pour développer ce pôle automobile. Notre axe de bataille est de développer Jacques Bervas.”

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