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Distribution

Faillites dans l’automobile : 2025, une année noire pour la filière

Publié le 26 janvier 2026

Par Jean-Baptiste Kapela
3 min de lecture
Hausse des procédures collectives, trésoreries fragilisées et conjoncture économique dégradée : la filière du commerce et de la réparation automobiles n’a pas été épargnée en 2025. Selon le bilan annuel d’Altares, les défaillances progressent, même si quelques signaux laissent entrevoir une possible accalmie en 2026.
Altarès faillite
Altarès recense 2 923 jugements prononcés, en hausse de 7,6 % en 2025. ©AdobeStock/Max Pelikan

L’année 2025 aura été particulièrement éprouvante pour le commerce et la réparation automobile.  En effet, dans son bilan annuel, Altarès recense 2 923 jugements prononcés dans le secteur, en hausse de 7,6 % sur l’ensemble de l’exercice. Le dernier trimestre de l'année dernière aura particulièrement été compliqué pour la filière, avec 785 procédures collectives, un chiffre en croissance de 7,4 % par rapport à 2024.

 

Le secteur de la vente de véhicules automobiles a été le plus touché par les difficultés. Ainsi, les concessionnaires et distributeurs accusent une dégradation de 14 % au quatrième trimestre, tandis que les ateliers de réparation affichent une croissance de 8 % des faillites.

 

 

La majeure partie des procédures engagées, soit 2 122 dossiers, concerne des liquidations judiciaires. Un nombre qui révèle des situations souvent irrémédiables au moment où les tribunaux sont saisis. Les redressements judiciaires sont, pour leur part, en hausse de 10,8 % et montrent que les difficultés de trésorerie s’installent durablement.

 

Un contexte tendu

 

Ces défaillances dans la filière du commerce et de la réparation automobile s’ancrent dans un contexte économique global tendu dans l’Hexagone. L’étude d’Altarès constate ainsi 69 957 entreprises en faillite sur l’ensemble du territoire en 2025. Il s’agit là d’un niveau inédit, qui souligne une fragilité durable du tissu entrepreneurial. 

 

"L’économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal mêlant à la fois une inflation maîtrisée et une croissance atone, avec des finances publiques sous tension dans un contexte géopolitique compliqué", analyse Thierry Millon, directeur des études chez Altarès.

 

 

Les PME ont été particulièrement impactées, éprouvées par la hausse des coûts logistiques et énergétiques. Le retard moyen de paiement interentreprises a franchi la barre des 14 jours, un niveau inédit depuis la période Covid, accentuant les tensions sur la trésorerie des structures les plus vulnérables.

 

Une légère amélioration pour 2026 ?

 

Toutefois, le tableau n’est pas si sombre, puisque quelques indicateurs laissent présumer une potentielle accalmie en 2026. Par exemple, les liquidations judiciaires directes s’affichent en recul de 1,3 % au quatrième trimestre. D’autre part, les structures de 3 à 99 salariés voient leur nombre de défaillances chuter de 7 % sur la fin de l’année 2025. "La trajectoire a commencé à s’inverser sur les comportements de paiement, qui s’améliorent modestement sur le dernier trimestre" , détaille Thierry Millon.

 

Néanmoins, rien n’est gagné pour la filière, puisque les perturbations logistiques persistent, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) renchérit le coût des importations, et l’obligation de facturation électronique dès septembre impose une adaptation rapide aux entreprises. Au vu de la situation, Altarès invite les entreprises à associer "prudence financière" et "anticipation stratégique" si elles veulent rester compétitives.

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