Approvisionnements : la fin de la disette ?
Les approvisionnements. Les professionnels n'ont que ce mot à la bouche car la situation s'est tendue en 2010. Désormais, il faut se battre, être rigoureux, rivaliser d'intuition et d'organisation pour trouver...

Les constructeurs français réduisent la voilure
Après un 1er quadrimestre délicat, les professionnels se sont ensuite organisés en conséquence, testant de nouveaux canaux, de nouveaux marchés, des modèles différents, ajustant leurs prix, leurs marges… "Les craintes ne portaient pas tant sur les volumes mais plutôt sur des catégories de produits. Nous rentrons toujours autant de voitures aujourd'hui mais il manque aujourd'hui ces produits dits "standards" qui ont bien vieilli et qui sont bien placés. Nous trouvons par contre beaucoup de voitures sur-kilométrées par rapport à leur date de mise en route que les loueurs ont poussées très loin et dont les particuliers ne sont pas trop acheteurs", constate Xavier Morvan, dirigeant de Saint Herblain Automobiles. Les constructeurs français ont notamment resserré les boulons. Certains modèles qui alimentaient de coutume allégrement le marché de l'occasion ne sont plus aussi nombreux et faciles à trouver. "Il ne manque pas de tout. Nous avons des stocks convenables de voitures d'occasion de moins d'un an qui correspondent à la demande du marché. Le segment qui a chuté est celui des VO de 1 à 2 ans. Chez Renault, l'explication réside dans le fait que nous avons beaucoup insisté auprès du réseau pour qu'il reprenne en priorité les voitures destinées à la casse. Cela s'en ressent alors dans le stock du réseau qui a baissé de 10 000 unités par rapport à 2009 qui était déjà une année d'assainissement. Renault n'avait pas atteint un stock aussi faible depuis 15 ans", informe Christophe Durant, directeur du service véhicules d'occasion de Renault. Le stock occasion de la marque qui affichait 60 000 unités à fin juillet est descendu à 56 000 véhicules à fin août. "L'idéal serait de stabiliser nos stocks entre 61 000 et 65 000 unités avec 45 jours de couverture de stock. Nous devons nous remettre dans une dynamique de conquête de reprises tout en conservant notre bonne rotation", ajoute Christophe Durant. Conséquence de cette politique, certaines marques, historiquement moins exposées sur le marché de l'occasion, ont alors trouvé grâce aux yeux de certains professionnels. "Nous avons dû élargir le spectre des marques et travailler des modèles plus exotiques qui sortent du "cadre". Et une fois que nous avons ces voitures sur le parc, on se rend compte que ça marche. Encore faut-il avoir le courage de les acheter. Ensuite, cela implique aussi un travail "d'éducation" de sa clientèle qui doit prendre confiance dans le produit. Et cela prend du temps", concède Xavier Morvan.
Les achats aux constructeurs : le bon plan ?
Autre conséquence logique de la loi des marchés, moins un produit est abondant, plus sa valeur risque de monter. L'an passé, la logique de déstockage prévalait, les prix des VN défiaient toute concurrence et les vendeurs de VO n'avaient pas d'autres choix que d'ajuster leurs prix. Aujourd'hui, le contexte est différent. "Les fournisseurs désirent garder une certaine maîtrise sur leur véhicule, savoir à qui ils le proposent, où il va. Et cette notion de maîtrise, associée à la rareté de certains produits, a pris du poids chez certains constructeurs ces derniers mois et a un impact sur le prix du véhicule. Particulièrement chez Peugeot et Citroën dont le prix des VO ne cesse d'augmenter depuis ce début d'année. Des voitures d'un an d'âge affichent parfois, aujourd'hui, 1 500 euros de plus que l'an passé à la même période", constate Alain De Wagter. Si les achats chez les constructeurs sont revenus en grâce ces derniers mois en raison de la fiabilité des produits, du sérieux des interlocuteurs et de leur rentabilité à la revente, beaucoup de marchands stigmatisent actuellement des prix trop élevés dans un contexte encore fragile. "Le problème est que beaucoup de professionnels voudraient acheter des voitures vendues d'avance et que leurs clients veulent. Techniquement, c'est impossible", répond Xavier Morvan avant de rappeler que "2009 était une année hors norme, caractérisée par une offre de voitures pléthorique et des prix qui ne correspondaient plus aux tarifs du marché. Logiquement, en 2010, les tendances sont très différentes, les prix ont certes remonté mais restent cohérents par rapport à 2008".
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