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Marché automobile : la déprime continue en janvier 2026

Publié le 1 février 2026

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 6,55 % en janvier 2026 en France, à un plus bas depuis quinze ans hors crise des semi-conducteurs. La hausse de l’électrique reflète essentiellement les livraisons liées au leasing social, sans signal de reprise du marché.
marché automobile janvier 2026 RENAULT
La Renault 5 devance d'une courte tête la Peugeot 208 au classement des meilleures ventes à particulier en janvier 2026. © Renault.

Le marché français de la voiture neuve a commencé l’année 2026 sur une nouvelle note négative. En janvier, 107 157 voitures particulières neuves ont été immatriculées, soit une baisse de 6,55 % par rapport au même mois de 2025, selon les chiffres publiés par la Plateforme automobile (PFA). Il s’agit du plus bas niveau pour un mois de janvier depuis quinze ans, hors l’année 2022 marquée par la crise des semi-conducteurs.

 

Par rapport à janvier 2019, avant la pandémie de Covid-19, le recul est encore plus marqué : près de 48 000 immatriculations ont disparu. Un chiffre qui illustre la contraction durable du marché automobile français. "Nous sommes sur un marché peau de chagrin qui semble inexorablement se rétrécir", résume un porte-parole de la PFA.

 

L'illusion de la progression de l'électrique

 

Dans ce contexte dégradé, la forte progression des immatriculations de voitures électriques pourrait donner l’illusion d’un redressement. Leur part de marché a atteint en janvier un niveau inédit de 28 %.

 

Mais cette dynamique ne traduit pas un regain de la demande. Elle s’explique presque exclusivement par la livraison de véhicules commandés dans le cadre du leasing social.

 

"Le pic de voitures électriques enregistré en janvier montre l’influence des aides à l’achat et brouille la lecture du marché", souligne Marie-Laure Nivot, analyste chez AAA Data.

 

Les effets du leasing social jouent "pleinement en janvier sur le canal des particuliers" et "devraient se poursuivre sur le trimestre, avant de s’estomper", précise-t-elle.

 

Un constat partagé par les constructeurs : mi-janvier, le patron de Stellantis Europe, Emanuele Cappellano, déclarait ainsi ne pas observer "de demande naturelle pour les véhicules électriques".

 

Des performances contrastées selon les groupes

 

Côté groupes, Stellantis reste orienté à la baisse en janvier, avec un recul de 2,7 % de ses ventes de voitures particulières. La situation est contrastée selon les marques : Citroën progresse de 2,8 %, tandis que Peugeot recule fortement (-8,2 %).

 

Le groupe Renault affiche une légère hausse de 1,1 % par rapport à janvier 2025, portée par la marque Renault (+20,7 %), mais plombée par le net repli de Dacia (-33,9 %). Toyota, troisième acteur du marché français, enregistre en revanche une chute marquée de ses immatriculations (-15,5 %).

 

Le mois de janvier confirme la fragilité persistante du marché automobile français. La montée en puissance de l’électrique, largement soutenue par les aides publiques, ne suffit pas à compenser l’érosion globale des volumes. La tendance de fond continue de peser sur l’ensemble de la filière.

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