Les distributeurs de voitures d'occasion commencent 2026 en zone rouge

Ils auraient certainement voulu entamer l'année 2026 d'une meilleure manière. Pourtant, les distributeurs automobiles ont eu à composer avec un marché français des voitures d'occasion bien terne. Et comme une conséquence de cette tendance, le canal de transactions BtoC s'est effondré, en janvier 2026, à 158 846 ventes, soit 15,7 % de moins que l'an passé, selon AAA Data.
La situation n'a pas laissé beaucoup d'espoir. En point de vente, aucun segment d'âge n'a terminé en croissance au cours de cette période. Les données publiées par AAA Data font même état de replis à deux chiffres à toutes les lignes du tableau. Depuis les voitures d'occasion de moins d'un an (-10,6 % ; 16 222 VO) à celles de plus de 16 ans (-14,6 % ; 22 983 VO) en passant par les exemplaires de 2-5 ans (-14,3 % ; 51 780 VO).
Et Vincent Hancart, directeur général d'AutoScout24 France, de tenter une explication par la problématique de l'offre. "La contraction des volumes s’explique en grande partie par la tension persistante sur l’offre, en particulier sur les véhicules les plus récents, a-t-il commenté par voie de communiqué. Les occasions de moins d’un an ainsi que le segment clé des 2 à 5 ans enregistrent de fortes baisses, pénalisées par un manque de renouvellement issu du marché du neuf ces dernières années".
40 % de voitures âgées de plus de 8 ans entrées en stock
Cela se vérifie-t-il ? Durant le mois de décembre qui a précédé, les professionnels ont formalisé 212 964 déclarations d'achat (DA) de voitures d'occasion à entrer en stock. Les tranches d'âges les plus récentes ont effectivement représenté de faibles parts dans ce total. D'après le document transmis par AAA Data, les VO de moins de six mois pesaient 1,4 % (2 977 unités), ceux de 6 à 12 mois représentaient 5,9 % (12 558 unités) et ceux de 1 à 2 ans valaient 4,1 % des déclarations d'achat (8 854 unités).
Les revendeurs ont effectivement inscrit dans les stocks davantage de voitures d'occasion plus âgées, dont 22,9 % de 8-15 ans (48 675 unités) et 19 % de plus de 15 ans (40 580 unités). Le segment du 2-4 ans venant s'intercaler tout de même avec une pénétration de 21,5 % (45 740 unités).
Au-delà de l'âge, il y avait probablement aussi un sujet du côté du mix énergétique. Le diesel, qui demeure une technologie très demandée sur le marché des occasions, a tout juste dépassé les moteurs essence dans les déclarations d'achat, avec 80 100 voitures diesel contre 78 700 exemplaires essence (soit environ 37 % du total).
À côté, au mois de décembre, 16 360 déclarations d'achat ont été faites pour des voitures hybrides classiques et 12 890 autres pour des MHEV. Ce qui peut là aussi sembler peu face à l'engouement pour ces solutions technologiques.
Une offre issue de reprises
D'où provenaient les voitures d'occasion mises en vente ? À 76,1 % (soit 162 150 unités), elles avaient pour origine une reprise faite à un particulier. Derrière, les voitures issues des entreprises et administrations pointaient à seulement 8,6 %, soit moins de 18 300 unités. Les retours de location courte durée (6,5 %, à 13 850 unités) ou de longue durée (4,5 %, à 9 515 unités) ont pesé un peu moins lourd dans la balance.
En conséquence, la part des voitures d'occasion dont la chaîne de TVA n'avait pas été rompue demeurait relativement basse. Sur la base des déclarations d'achat effectuées en décembre, 58 739 exemplaires fraîchement arrivés en stock avaient pour origine un contrat de leasing (28,5 %), contre 147 321 voitures (71,5 %) dont le précédent mode d'acquisition avait été un achat par crédit classique.
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