Stellantis pourrait quitter sa coentreprise de batteries avec Samsung

Après des milliards d’euros de charges et des ventes d’électriques décevantes, Stellantis revoit ses ambitions et pourrait se désengager d’un projet clé aux États-Unis. Le constructeur aux 14 marques envisage de sortir de sa coentreprise de batteries avec le géant sud-coréen de la tech Samsung, affirme le 10 février 2026 l'agence Bloomberg. Interrogé par l'AFP sur cette information, Stellantis a répondu : "Nous poursuivons des discussions de collaboration avec Samsung sur l'avenir de notre coentreprise StarPlus Energy", sans préciser davantage.
Le groupe a annoncé le 6 février 2026 passer des charges exceptionnelles colossales de 22,2 milliards d'euros dans ses résultats 2025, expliquant avoir "surestimé" les ventes de voitures électriques, notamment aux États-Unis. Cette annonce a fait plonger son cours à la Bourse, lequel a chuté de moitié depuis un an. Parmi ces charges, 14,7 milliards portent notamment sur la révision de la ligne de produits aux États-Unis, où le marché de l'électrique stagne, freiné par une règlementation devenue moins favorable sous Donald Trump.
Un "excès d'optimisme" sur l'électrique ?
En mai 2022, puis en octobre 2023, StarPlus Energy avait annoncé la construction de deux giga-usines de batteries pour voitures électriques aux États-Unis, dans la ville de Kokomo (Indiana), pour un montant global de plus de 6,3 milliards de dollars (environ 5,3 milliards d'euros au cours actuel). Le projet prévoyait la création de 2 800 nouveaux emplois au total. Stellantis envisageait alors de vendre 50 % de voitures électriques aux États-Unis d'ici 2030, avec 25 lancements de nouveaux véhicules prévus.
Pour expliquer le virage stratégique annoncé le 6 février, le nouveau directeur général du groupe, Antonio Filosa, a évoqué "un excès d'optimisme sur le rythme d'adoption de l'électrification, surtout en Amérique du Nord, mais aussi en Europe". Numéro 5 mondial, Stellantis a déjà subi en 2024 une baisse de 70 % de son bénéfice net et de 17 % de ses ventes. Pénalisé par ses prix élevés, devancé par ses concurrents, il a essuyé au premier semestre 2025 une perte nette de 2,3 milliards.
"Aux États-Unis, la demande clients et l'évolution réglementaire nécessitent un rééquilibrage vers plus de technologies thermiques et hybrides", a insisté le directeur général, annonçant un réexamen de la chaîne d'approvisionnement du groupe "dédiée aux véhicules électriques". Stellantis a déjà annoncé vendredi la cession de ses 49 % dans NextStar Energy, première "gigafactory" de batteries du Canada, revendus à son partenaire LG Energy Solution.
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