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Constructeurs

Renault veut vendre 100 % de voitures électriques en 2030

Publié le 13 janvier 2022

Par Catherine Leroy
5 min de lecture
Un an après le lancement de son plan de relance, Renault a atteint ses objectifs d'économies et se positionne désormais comme une marque qui sera 100 % électrique en 2030. Luca de Meo, son directeur général, présente un premier bilan de la transformation de l'entreprise.
Luca de Meo, directeur général du groupe Renault.
Luca de Meo, directeur général du groupe Renault.

La décision est désormais actée dans le groupe Renault. En 2030, toutes les ventes en Europe de la marque au losange seront 100 % électriques, contre un objectif d'environ 90 % évoqué précédemment.

 

"Nous nous sommes mis en tête de préparer les conditions pour que Renault soit une marque 100 % électrique à horizon 2030. C'est un pari audacieux mais qui va dans le sens de l'histoire et qui permettra d'atteindre les objectifs du régulateur en Europe. Mais notre stratégie a deux niveaux et si la demande n'est pas au rendez-vous ou parce que les infrastructures de recharge ne suivent pas, alors Dacia et les autres plateformes serviront de plan B", a indiqué Luca de Meo, directeur général du groupe, lors d'une réunion au Technocentre à Guyancourt (78) avec la presse.

 

Deux milliards d'euros d'économies

 

Un an après la présentation du plan Renaulution, Luca de Meo a réalisé un bilan d'étape. Si les résultats financiers du groupe ne seront dévoilés que le 18 février 2022, le directeur général du groupe a néanmoins apporté quelques informations sur l'avancement du plan dont la première phase, la "résurrection", doit s'achever à la fin de cette année.

 

L'objectif de deux milliards d'euros de baisse des coûts fixes a d'ores et déjà atteint, depuis octobre 2021, soit un an plus tôt que le plan initial. "Ce sont des économies structurelles et je peux d'ores et déjà vous annoncer que l'abaissement de notre point mort de 30 % sera atteint en 2023, avec deux ans d'avance", a d'ailleurs précisé Luca de Meo.

 

Une partie de ces économies était à la charge de l'ingénierie et de son patron Gilles Le Borgne. "Nous avons remis l'ingénierie de Renault a un très bon niveau d'efficacité", explique-t-il. Baisse de l'empreinte immobilière, meilleure intégration des centres d'ingénierie en Inde, Amérique du Sud, Corée et Roumanie, où les coûts sont plus faibles, contraction des niveaux hiérarchiques... l'organisation a été complètement revue et simplifiée.

 

"Le cœur de l'activité de création de la valeur est restée en France. Mais les coûts de validation ont été divisés par deux en passant de 28 semaines à 12 semaines et la digitalisation a permis de faire plus de calcul, de modélisation en diminuant les process utilisant des moyens physiques", ajoute Gille Le Borgne.

 

Le nombre de pièces a été également été baissé de 40 %. Et la stratégie de "véhicule lanceur" qui sert ensuite à la fabrication d'autres modèles (comme le Dacia Duster qui sert de véhicule lanceur pour 6 autres modèles Renault, Dacia et Lada) avec 75 % d'éléments communs a permis de faire fondre de 40 % le capex en recherche et développement.

 

"En deux ans, nous avons réalisé que ce que j'ai mis 6 ans à faire chez la concurrence", explique l'ancien directeur de l'ingénierie du groupe PSA.

 

Amélioration du net pricing

 

Restaurer la profitabilité du groupe passe par des économies mais aussi par de la création de valeur. Ainsi, Luca de Meo a rappelé que le changement de la politique commerciale et de positionnement des produits avait permis d'améliorer de 6 à 7 % le net pricing. "La crise des semi-conducteurs a affecté beaucoup de constructeurs mais certains ont compensé par l'inflation. Chez Renault, nous avons fait mieux que le marché car nous avons amélioré notre net pricing", a-t-il précisé.

 

Ce changement commercial s'est déroulé par la préférence des canaux plus vertueux, comme le sont les particuliers. En 2021, le groupe affirme avoir vendu 50 % de ses véhicules aux clients finaux, alors que dans le passé et sur certains modèles, la marque était descendue à 20 %.

 

"Malgré la perte de production qui a représenté 500 000 voitures en moins en 2021, les choses se sont plutôt bien passées d'un point de vue financier", poursuit Luca de Meo, qui précise que tous les modèles lancés ont obtenu des résultats au-delà des attentes. "Cela prouve que le système fonctionne et c'est un bon signal pour le futur."

 

De fait, Arkana, qui exprime le retour de la marque sur le segment C, s'est vendu à 60 % à particulier et avec un mix de 60 % en motorisations hybrides. Un objectif atteint alors que les marchés ont fondu de 25 % à cause notamment de la pénurie de semi-conducteurs.

 

27 nouveaux modèles d'ici 2025

 

En 2022, alors que cette crise des composants devrait se poursuivre encore pendant une bonne moitié de l'année, le groupe Renault s'apprête à lancer la Megane E-Tech électrique, dont l'intégralité du système d'infodivertissement a été coconstruit avec Google, le Dacia Jogger et l'Austral en fin d'année. Mais d'ici 2025, ce sont 27 nouveaux véhicules qui devraient arriver sur les routes européennes.

 

"Nous avons approuvé un nouveau modèle par mois, ce qui prouve l'accélération de nos prises de décisions, grâce au travail incroyable réalisé par l'ingénierie, qui avec le même investissement a permis de faire deux voitures au lieu d'une, avec 30 % de composants en moins et dans un temps réduit de 75 %", a déclaré le directeur général du groupe.

 

A lire aussi : Renault se voit en champion de l'électrique

 

Ces lancements seront également permis grâce au pôle Electricity, basé à Douai, qui abrite deux plateformes : la CMF-EV et la CMF B-EV, sur laquelle sera construite la nouvelle R5. Cette dernière aura notamment comme rôle de démocratiser le véhicule électrique.

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