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Constructeurs

PSA et FCA revoient leur contrat de mariage

Publié le 15 septembre 2020

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Pour tenir compte des conséquences de la crise, PSA et FCA ont revu les conditions de leur mariage, notamment au sujet du dividende exceptionnel que devait verser l'italo-américain et la distribution de la participation de PSA dans Faurecia.
PSA et FCA comptent toujours finaliser leur fusion à la fin du premier trimestre 2021.

 

Pour que leur union reste un mariage entre égaux, PSA et FCA ont un peu changé les termes de leur contrat de mariage afin de prendre en compte l'impact de la pandémie sur leurs comptes respectifs. FCA a notamment accepté d'abaisser le dividende exceptionnel qu'il souhaite distribuer à ses actionnaires avant la signature finale du rapprochement à 2,9 milliards d'euros, contre 5,5 milliards d'euros auparavant. PSA prévoit de son côté de distribuer sa participation de 46 % au capital de l'équipementier français Faurecia à l'ensemble des actionnaires de la nouvelle entreprise, baptisée Stellantis, et non à ses seuls actionnaires comme prévu dans l'accord initial.

 

Ces changements "préservent l'équilibre original de l'accord de rapprochement", soulignent, lundi 14 septembre 2020, les deux entreprises dans un communiqué commun. Leur union, annoncée fin 2019, doit donner naissance au quatrième groupe automobile mondial en volume et au troisième en chiffre d'affaires, abritant sous le même toit des marques emblématiques comme Peugeot, Citroën, Opel, Jeep, Alfa Romeo et Maserati. Mais depuis, la pandémie a frappé et a eu un impact sur les finances de l'industrie automobile, entre fermetures de concessionnaires et mesures de confinement. Des doutes avaient été émis ces derniers mois sur l'équilibre du montage financier.

 

PSA et FCA avaient déjà annoncé en mai 2020 qu'ils renonçaient au versement d'un dividende ordinaire de 1,1 milliard d'euros chacun prévu dans le cadre de leur mariage, en raison de la crise sanitaire. Mais le montant du dividende exceptionnel de 5,5 milliards d'euros que FCA devait distribuer à ses actionnaires ainsi que la distribution des parts de Faurecia faisaient encore tiquer car la capitalisation boursière de Faurecia a fondu depuis l'annonce des fiançailles en décembre. Cela jouait mécaniquement en défaveur des actionnaires du constructeur français.

 

Avec les modifications annoncées, "les actionnaires respectifs de FCA et de PSA recevront l'équivalent de 23 % du capital de Faurecia (...), tandis que leur participation à 50/50 dans Stellantis - un groupe qui disposera désormais de 2,6 milliards d'euros de liquidités supplémentaires à son bilan - restera inchangée", détaille le communiqué. "En complément, il a aussi été convenu que les conseils des groupes PSA et FCA pourront considérer une distribution de 500 millions d'euros aux actionnaires de chaque entreprise avant la signature finale ou, alternativement, une distribution de 1 milliard d'euros à tous les actionnaires de Stellantis après la signature finale", ajoute le document. Ces éventuels cadeaux aux actionnaires dépendront des performances respectives des constructeurs ainsi que des conditions de marché.

 

Les changements ont été approuvés "à l'unanimité" par les conseils d'administration des deux entreprises "avec le fort soutien de leurs actionnaires de référence". Ils se disent "plus que jamais convaincus du bien-fondé de cette fusion et du potentiel de création de valeur". Les groupes estiment désormais que leur rapprochement devrait permettre d'économiser 5 milliards d'euros par an, contre 3,7 milliards initialement. "Les perspectives de synergies et de création de valeur à long terme révisées à la hausse de Stellantis permettent aujourd'hui aux actionnaires de références de modifier certains termes financiers pour renforcer encore le bilan de Stellantis à son démarrage, tout ceci dans un contexte Covid", a souligné un porte-parole de PSA auprès de l'AFP. "Cela permettra à Stellantis de démarrer avec un bilan encore plus renforcé", a-t-il ajouté. Enfin, PSA et FCA prévoient toujours de sceller leur union d'ici "la fin du premier trimestre 2021". Rappelons également que la Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur cette fusion. Elle devrait rendre sa décision le 13 novembre prochain. (avec AFP)

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