S'abonner
Constructeurs

La potentielle fermeture d’usines Stellantis au Royaume-Uni inquiète les Britanniques

Publié le 17 mai 2023

Par Jean-Baptiste Kapela
3 min de lecture
Stellantis a informé du risque de fermeture d’usines sur le sol britannique. Le constructeur met en avant le durcissement des règles de l’accord commercial post-Brexit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Une source d’inquiétude outre-Manche.
L'accord commercial entre l'Union européenne et le Royaume-Uni inquiète outre-Manche. © Adobe Stock / jetcityimage

Après l'interruption de la construction de son usine de batteries prévue au Canada faute de subventions gouvernementales, Stellantis pointe du doigt l'accord commercial post-Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.

 

La maison mère de Fiat, Peugeot, Citroën et Opel/Vauxhall, qui dispose de deux principaux sites de fabrication au Royaume-Uni, à Ellesmere Port (nord de l'Angleterre) et Luton (au nord de Londres), a notamment prévenu les députés britanniques, dans une contribution publiée fin avril, d'un risque de "désavantage concurrentiel majeur" sur les véhicules électriques.

 

"Si le coût de la fabrication de véhicules électriques au Royaume-Uni devient non compétitif et non durable", notamment par rapport aux véhicules venus du Japon et de Corée du Sud ou fabriqués dans l'UE, les opérations au Royaume-Uni "vont fermer", assure Stellantis.

 

Le groupe s'inquiète d'un durcissement prévu des Règles d'Origine dans le traité commercial post-Brexit avec l'UE. Ce dernier imposera, à partir de 2024, qu'au moins 45 % de la valeur des pièces du véhicule provienne de l'UE ou du Royaume-Uni pour être exempté de droits de douane.

 

Le gouvernement britannique sommé de trouver une solution

 

Stellantis a toutefois rappelé mercredi, dans une déclaration transmise à l'AFP, que Stellantis "a investi dans le site d'Ellesmere Port, qui démarrera cette année la fabrication de petits fourgons électriques". "Nous avons besoin d'un meilleur accord post-Brexit", a martelé mercredi le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, en écho aux demandes de Stellantis, qui voudrait voir l'exécutif britannique se mettre d'accord avec l'UE pour repousser à 2027 l'entrée en vigueur des nouvelles règles.

 

Un porte-parole du gouvernement britannique a indiqué mercredi que la ministre du Commerce, Kemi Badenoch, avait déjà soulevé le problème avec Bruxelles. "Nous espérons parvenir à une résolution à ce sujet avec l'UE", a-t-il dit, notant aussi que la question affecte les industriels des deux côtés de la Manche.

 

A lire aussi : Stellantis se penche sur l'avenir de l'usine anglaise de Ellesmere Port

 

"Le gouvernement a été prévenu depuis plus d'une décennie qu'il devait investir dans des usines de batteries pour assurer une transition en douceur vers la production de véhicules électriques au Royaume-Uni, mais il n'a pas agi", a dénoncé de son côté le syndicat Unite.

 

"Cet avertissement de Stellantis est un rappel brutal que l'industrie automobile britannique est confrontée à un avenir très incertain", selon le groupe de réflexion Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU). Il craint "la perte de milliers d'emplois et la dévastation de l'économie locale".

 

L’industrie automobile britannique en difficulté ?

 

Ces inquiétudes interviennent quelques mois après le dépôt de bilan, en janvier, de la société britannique Britishvolt, dédiée à la construction d'une vaste usine de batteries pour voitures électriques. Cette mauvaise nouvelle a mis un coup aux ambitions britanniques dans le secteur.

 

D'autres décisions de constructeurs pour établir des usines de batteries dans le pays sont attendues prochainement, notamment de Tata Motors, maison mère du constructeur automobile britannique Jaguar Land Rover (JLR), BMW, Toyota ou encore Nissan, a rapporté le Financial Times.

 

Stellantis a précisé aux députés britanniques qu'il pensait à l'origine pouvoir respecter la limite de 45 % de pièces produites localement mais que "les prix des matières premières qui ne sont pas originaires (de l'UE ou du Royaume-Uni) augmentent considérablement, de sorte que nous sommes désormais incapables de respecter ces règles d'origine".

 

Le gouvernement britannique a annoncé récemment étudier de possibles mesures pour aider le Royaume-Uni à rester "compétitif" face aux subventions vertes massives adoptées, en particulier par les États-Unis. (Avec AFP)

Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle