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Constructeurs

La fusion PSA-FCA validée par les actionnaires

Publié le 4 janvier 2021

Par Christophe Jaussaud
5 min de lecture
A peine plus d'un an après l'annonce de la fusion entre PSA et FCA, les actionnaires des deux groupes ont donné leur aval, lundi 4 janvier 2021. Stellantis, le futur troisième groupe mondial en chiffre d'affaires, sera officiellement créé le 16 janvier prochain.
Les actionnaires de PSA et FCA ont approuvé, lundi 4 janvier 2021, la fusion des deux groupes.

 

Les actionnaires de PSA (à 99,8 %) et FCA (à 99,15 %) ont validé, lundi 4 janvier 2021, la fusion des deux groupes. Cette union, qui donnera naissance à Stellantis, va devenir le quatrième groupe automobile mondial en termes de véhicules vendus, et le troisième en chiffre d'affaires derrière le japonais Toyota et l'allemand Volkswagen. "A suite de l'approbation des actionnaires ce jour et de l'obtention des dernières autorisations réglementaires au cours du mois dernier, (...) FCA et groupe PSA prévoient de finaliser leur rapprochement le samedi 16 janvier 2021", ont précisé PSA et FCA dans un communiqué commun.

 

"Nous jouerons un rôle de premier plan au cours de la prochaine décennie en redéfinissant la mobilité comme nos pères fondateurs l'ont fait avec beaucoup d'énergie", a déclaré le président de FCA, John Elkann, évoquant une "fusion historique". "La fusion avec le groupe PSA est un nouveau pas courageux en avant", a-t-il poursuivi avant d'ajouter que "pendant les dix dernières années, nous avons quintuplé la valeur du groupe Fiat".

 

Stellantis comptera plus de 400 000 salariés et abritera dans le même garage 14 marques emblématiques comme Citroën et Maserati (déjà brièvement mariées il y a 50 ans), Fiat et Opel, Peugeot et Alfa Romeo, Chrysler, Dodge ou Jeep. "J'ai rarement eu le sentiment autant qu'aujourd'hui de vivre un moment d'histoire", a déclaré l'emblématique président du conseil de surveillance de PSA, Louis Gallois, qui prend sa retraite à l'issue de cette fusion. "Cette fusion était une question de survie, et ça vaut pour Fiat comme pour PSA", selon Giuliano Noci, professeur de stratégie à l'école de commerce de Polytechnique à Milan.

 

Les deux groupes sont confrontés à "d'énormes défis technologiques et stratégiques" (véhicules électriques, numérisation, conduite autonome) et aux effets dévastateurs de la pandémie de Covid-19. "Seuls les plus agiles, dans un esprit darwinien, survivront", avait lancé Carlos Tavares en novembre 2020. Les marques du groupe vont notamment réduire leurs coûts de développement et de construction, et compléter leur offre dans toutes les gammes. "Grâce à son union avec PSA, FCA pourra renforcer sa présence en Europe", ajoute Giuseppe Berta, professeur à l'université Bocconi de Milan et spécialiste de Fiat. "A l'inverse, le groupe français pourra reprendre pied aux Etats-Unis grâce à son allié italo-américain".

 

Les remèdes apportés sur le VUL

 

Le vote des actionnaires scelle une union envisagée depuis 2018, annoncée fin 2019, et dont la préparation a été ralentie par la crise du coronavirus. Fin décembre 2020, la Commission européenne a donné son feu vert au mariage de la Fiat 500 et de la Peugeot 208, sous condition que les deux groupes respectent leurs engagements pris pour préserver la concurrence dans les petits utilitaires, où ils détiennent de larges parts de marché. Ils avaient auparavant amendé leur contrat pour que leur union reste un mariage entre égaux, alors que la pandémie a affecté leurs comptes respectifs.

 

FCA a notamment accepté d'abaisser le montant d'un dividende exceptionnel versé à ses actionnaires. De son côté, PSA a décidé de céder 7 % de l'équipementier français Faurecia avant de distribuer le reste aux actionnaires de Stellantis. La participation du groupe chinois Dongfeng doit être également réduite. C'est insuffisant selon le fonds Phitrust, qui détient moins de 1 % du capital de PSA et critique depuis l'annonce de la fusion un manque d'"équilibre entre les parties" au profit des Italo-Américains. "FCA a plus besoin de PSA pour la mise en œuvre des synergies que l'inverse" et "PSA est plus performant que FCA sur différents aspects clés", a notamment souligné le fonds.

 

Pas de fermeture d'usine ?

 

Dans les documents fournis aux autorités financières, PSA et FCA estiment que leur rapprochement devrait coûter 4 milliards d'euros, et que les synergies permettront d'économiser à terme jusqu'à 5 milliards par an. Carlos Tavares avait souligné fin 2019 qu'aucune fermeture d'usine n'était prévue. Les syndicats se permettent d'en douter. "Globalement c'est une bonne assurance pour l'avenir de notre groupe. Ceux qui ne prendront pas ce virage-là risqueront de rester sur le carreau", commente Franck Don, délégué syndical central CFTC chez PSA.

 

"Aujourd'hui, le groupe FCA est une grande inconnue pour nous", tempère cependant le syndicaliste. "Quelles synergies vont être trouvées ? Quelles conséquences potentielles sur les sites situés en France ?" Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale CFDT, attend un engagement ferme de Stellantis sur les usines comme sur les centres de recherche. "C'est le volet social et éthique qui permettra de dire si cette fusion est une réussite ou pas", souligne-t-elle. Phitrust avertit que FCA n'a pas de marges de manœuvre en Italie, où il a contracté un prêt garanti par l'Etat à hauteur de 6 milliards d'euros. "Les usines françaises de PSA pourraient devenir la variable d'ajustement, entraînant de lourdes pertes d'emplois", avance le fonds. (avec AFP)


 

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