Bruxelles cherche encore la parade aux véhicules électriques chinois

La Commission européenne envisage un changement de cap dans sa stratégie face aux importations de véhicules électriques chinois. Dans un document publié le lundi 12 janvier 2026, l'instance propose une autre solution que les droits antidumping. Pour rappel, depuis octobre 2024, ces derniers taxent les véhicules électriques produits en Chine, qui bénéficient selon les institutions de subventions faussant la concurrence. Les constructeurs basés en Chine pourront échapper à ces droits antidumping à condition qu’ils acceptent de se soumettre à un système de prix de vente minimums encadrés par la Commission européenne.
D'après un document publié par la Commission, ces prix d'importation minimums devront être fixés "à un niveau approprié pour corriger les effets du subventionnement" reprochés par l'UE aux fabricants de véhicules électriques chinois. Cette mesure alternative vise à éliminer les distorsions de concurrence que l'UE reproche à la Chine et à rétablir des conditions équitables pour les constructeurs européens.
Un sujet en discussion avec Pékin
Le document publié le 12 janvier "vise à donner des indications aux exportateurs chinois qui envisageraient de soumettre des prix minimums d'importation", a précisé à la presse le porte-parole de l'UE en matière de commerce, Olof Gill. Selon lui, cette idée fait l'objet de discussions depuis un an avec Pékin et un premier constructeur a demandé, fin 2025, à bénéficier d'une telle mesure alternative, poussant la Commission à détailler dans quelles conditions elle pourrait accepter de telles demandes, dans l'hypothèse où d'autres constructeurs voudraient faire de même.
Si d'autres demandes sont déposées, "nous serons heureux de les examiner et, si elles cochent toutes les cases, cela pourrait remplacer les droits antidumping que nous avons mis en place à l'issue d'une enquête fouillée et fondée sur des faits avérés. Mais n'allons pas trop vite en besogne : à ce stade, ce n'est qu'une indication, rien de plus", a tempéré le porte-parole. Depuis octobre 2024, la Commission applique une surtaxe allant jusqu'à 35 % sur les voitures à batterie de fabrication chinoise, venue s'ajouter aux droits de douane habituels, fixés à 10 %.
Une relation qui se détend
L'UE avait agi pour défendre la filière automobile européenne et ses quelque 14 millions d'emplois contre des pratiques jugées déloyales, à l'issue d'une longue enquête menée par la Commission européenne. Cette sanction avait entraîné une crise entre l'UE et la Chine, qui avait accusé le bloc de "protectionnisme " et déclenché en retour des enquêtes antidumping contre plusieurs types de produits européens (porc, produits laitiers, cognac et autres brandys).
Le ministère chinois du Commerce a de son côté salué "un progrès" qui montre "la capacité et la volonté de la Chine et de l'UE de résoudre leurs désaccords grâce au dialogue". La Chambre de commerce chinoise dans l'UE a également salué lundi cette annonce, y voyant un "résultat positif obtenu grâce au dialogue et aux consultations entre la Chine et l'Union européenne". Cela va permettre, selon elle, "une résolution en douceur" du contentieux autour des véhicules électriques.
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