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Constructeurs

Avec son plan futuREady, le groupe Renault prépare sa riposte face aux constructeurs chinois

Publié le 10 mars 2026

Par Robin Schmidt
4 min de lecture
Le groupe Renault a présenté son nouveau plan stratégique 2026-2030, baptisé "futuREady". Il prévoit notamment le lancement de 36 modèles, dont 16 électriques. Face à l’offensive des chinois, le constructeur souhaite aussi gagner en compétitivité, en réduisant les temps de développement de ses véhicules et en misant sur de nouvelles technologies, comme les prolongateurs d’autonomie.
Renault plan stratégique futuREady
Le groupe Renault vient de dévoiler les grandes lignes de son plan stratégique futuREady pour la période 2026-2030. ©Renault

Le groupe Renault, qui présente mardi 10 mars 2026 son plan stratégique 2026-2030, compte accélérer dans l'électrique, en cessant de vendre des voitures à essence ou au diesel d'ici 2030 en Europe et en misant sur un bond technologique.

 

"D'ici 2030, la marque Renault vise 100 % de ventes électrifiées en Europe et 50 % hors d'Europe", précise le communiqué du groupe, qui indique vendre encore actuellement en Europe 40 % de modèles purement thermiques. La marque vise plus précisément en Europe 50 % de ventes en électrique et 50 % en hybride, a ajouté le groupe.

 

 

Le constructeur français a infléchi sa stratégie en élargissant aux hybrides son objectif précédent, datant de 2021, qui prévoyait 100 % de véhicules tout-électriques d'ici 2030. Mais depuis, les ventes de voitures tout-électriques ont été plus lentes que prévu et l'UE a assoupli en décembre son objectif d'électrification pour 2035, en ouvrant la porte aux hybrides.

 

Renault prévoit d'ailleurs de maintenir des modèles hybrides en Europe après 2030. Même avec ce compromis, Renault maintient le cap de l'électrification pour sa principale marque et se projette dans le post-thermique, contrairement à son rival Stellantis qui veut relancer des modèles à essence et diesel.

 

Cet objectif est l'un des piliers du plan stratégique présenté mardi par le constructeur français pour 2026-2030, qui prévoit de lancer 36 nouveaux modèles, dont 16 électriques. C'est davantage que les 32 modèles sortis entre 2021 et 2025.

 

Renault aura des REEV

 

Baptisé "futuREady", ce plan, conçu par le nouveau patron du groupe, François Provost, succède au plan de son prédécesseur Luca de Meo ("Renaulution") qui a vu le succès de la Renault 5 électrique. Le nouveau plan parie non seulement sur les voitures électrifiées mais aussi sur trois marchés internationaux prometteurs, que sont l'Inde, la Corée du Sud et l'Amérique latine. C'est pour ces régions que le groupe développera 14 des 36 nouveaux modèles prévus.

 

Douze nouveaux modèles sous marque Renault seront aussi lancés en Europe. Le groupe continue en revanche à rester à l'écart des marchés américain et chinois. Par marque, Renault vise d'ici 2030 plus de 2 millions de véhicules vendus par an, contre 1,6 million actuellement, dont 50 % hors d'Europe. Actuellement cette part est de 38 %.

 

 

Dacia doit elle aussi accélérer son électrification qui représentera les deux tiers de ses ventes en 2030, avec quatre véhicules électriques contre un seul pour l'instant. Dans la catégorie électrique, le constructeur accorde une large place à de futurs modèles avec prolongateur d'autonomie, un petit moteur thermique qui recharge la batterie et qui permettra, selon le groupe, d'atteindre jusqu'à 1 400 km d'autonomie avec des émissions inférieures à 25 grammes de CO2/km.

 

Le constructeur a également annoncé une ambition technologique "à l'égal des chinois" avec l'objectif des batteries rechargeables en dix minutes et des moteurs sans terres rares, développés en Europe et pour l'Europe.

 

L'arrivée du SDV

 

Il lancera aussi dès cette année un modèle SDV (software defined vehicle ou "véhicule défini par logiciel"), c'est-à-dire dont le logiciel peut, comme un smartphone, être mis à jour à distance et offrir de nouvelles fonctionnalités. Le premier, lancé courant 2026, sera un véhicule utilitaire électrique, un Trafic, fabriqué à Sandouville (76).

 

Le but de Renault est de réduire ses coûts de production, en particulier ceux des voitures électriques de segment C, grâce à une nouvelle plateforme technologique qui permettra d'ajouter des prolongateurs d'autonomie. Elle comprendra aussi un nouveau système d'exploitation, codéveloppé avec Google, sur base Android. Cette plateforme, baptisée RGEV Medium 2.0, sera développée "principalement en France".

 

 

Et le constructeur veut désormais, comme ses rivaux chinois, "développer tous ses nouveaux modèles en moins de deux ans". Il annonce même, à l'image de BMW et de Hyundai, l'intégration de "350 robots humanoïdes pour les tâches pénibles ou à très faible valeur ajoutée" dans ses usines et l'aide de l'IA pour réduire ses coûts de production.

 

Pour ses partenaires, Nissan, Mitsubishi Motors, Volvo Trucks, Ford et son allié chinois Geely, le groupe produira plus de 300 000 véhicules par an d'ici 2030 sur trois continents. Notamment en Inde, où sera fabriquée une gamme complète de Nissan. En Corée du Sud et en Amérique du Sud, le groupe continuera de s'appuyer sur son partenariat avec Geely.

 

 

Renault a par ailleurs confirmé ses objectifs financiers d'une marge opérationnelle de 5 à 7 % du chiffre d'affaires et d'un free cash flow de l'automobile d'au moins 1,5 milliard d'euros par an en moyenne. (Avec AFP)

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