Mondial de l’Auto : Paris en passe de redevenir un salon majeur

"Tout se présente très bien", annonce d'emblée Serge Gachot, le directeur du salon avec un large sourire. Et pour cause, près de 70 marques automobiles ont déjà confirmé leur présence lors de l'édition 2026 du Mondial de l'Automobile qui se déroulera à Paris du 12 au 18 octobre 2026. De fait, les quatre halls de la Porte de Versailles, qui cumulent près de 70 000 m2, seront bel et bien remplis. Une surface à laquelle s'ajouteront 15 000 m2 en extérieur.
Le salon n’avait réuni que 20 en 2022 et 48 marques en 2024. Cette année, la progression est spectaculaire, portée notamment par le retour des marques allemandes. "C’est une super nouvelle qu’ils soient de retour, avec de grands stands décidés depuis longtemps", souligne le directeur de l'évenement. Seule Porsche manque encore à l’appel, freinée notamment par un contexte fiscal défavorable en France.
Moins de place aux animations
L’édition 2026 signe également un repositionnement stratégique. Le salon sera largement consacré aux constructeurs, avec quatre halls sur cinq entièrement occupés par des marques automobiles. "On aura des marques jusqu’au fond des halls, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps", insiste le directeur.
Ce recentrage se fait au détriment de certaines animations et du développement du B2B. "Certes, nous aurons un peu moins d’expositions dans ce sens, mais notre priorité, ce sont les marques", assume Serge Gachot.
Pour certaines, l'exercice de communication a déjà commencé. Stellantis qui vient en force avec près de huit marques et 60 modèles exposés, Ford, Renault, bien sûr, fidèle aux salons automobiles, mais aussi Mercedes qui lors de la précédente édition avait fait bande à part avec un évènement en dehors du Mondial.
Une offensive des marques chinoises confirmée
Autre évolution majeure : la montée en puissance des marques automobiles chinoises. Elles seront près de 20 à Paris, contre 9 lors de la précédente édition.
Toutes ne sont pas encore visibles sur les routes européennes, mais leur présence au salon n’est pas anodine. "Certaines sont déjà en discussion avec des importateurs ou des distributeurs en Europe. D’autres ne sont même pas encore annoncées sur le marché français", confie Serge Gachot. La preuve, selon lui, de leur volonté d’accélérer leur implantation, dans un contexte où "elles ne peuvent pas aller aux États-Unis".
Dans ce tableau positif, une absence continue de faire débat : celle de Toyota. Le constructeur japonais, numéro un mondial, ne disposera pas de stand propre. Il devrait être présent via l’espace de la Plateforme Automobile (PFA), consacré à la transition énergétique.
La voiture autonome en vedette
L’édition 2026 mettra aussi en avant les nouvelles technologies, avec notamment des essais de véhicules autonomes en conditions réelles. "Je veux qu’on sorte du parking et qu’on fasse de vrais parcours en ville", explique le directeur de la manifestation. Un circuit préparé dans la ville d'Issy-les-Moulineaux, proche de la porte de Versailles permettra ces essais.
Des véhicules de niveau 2+ seront proposés, et plusieurs modèles de niveau 4 pourraient être présentés, notamment par des acteurs asiatiques. Ainsi, la société Pix Moving fera tester un véhicule autonome de niveau 4.
Le retour en grâce des salons
Après plusieurs années de remise en question, les salons automobiles semblent retrouver leur pertinence. Pour le directeur du Mondial, trois raisons principales expliquent ce retour. La première est économique. "Je suis un maniaque du ROI", insiste-t-il. Pour les constructeurs, la participation se mesure d’abord à l’aune de la visibilité médiatique et de la qualité des retombées. "Il existe des outils qui permettent de mesurer la tonalité, positive ou négative, et de la convertir en équivalent financier ", explique-t-il.
Les résultats commerciaux, eux, restent secondaires mais non négligeables. "On incite de plus en plus les marques à vendre sur place. Les visiteurs sont qualifiés, ils ont payé leur billet", fait valoir Serge Gachot. Lors de la dernière édition, en 2024, certains constructeurs ont enregistré des performances significatives : Volkswagen a pris 1 200 commandes, Audi a compté 530 leads et chez BYD, la marque a recensé 1 600 leads pour 500 commandes.
Deuxième facteur : le contact direct avec les clients. "Près de 28 % des visiteurs viennent avec un projet d’achat dans les douze mois", rappelle le directeur du salon. Les essais sont particulièrement efficaces, avec des taux de transformation élevés. Enfin, selon ce dernier, le contexte concurrentiel joue un rôle. "Il y a aussi un petit côté défensif. Les marques ne veulent pas laisser le terrain aux autres, et notamment aux chinoises", observe-t-il.
Paris face à une concurrence affaiblie
Dans un paysage international en recomposition, le Mondial de Paris tire son épingle du jeu. Genève a disparu, Munich peine à convaincre et Détroit est en perte de vitesse. "Aujourd’hui, en Europe, il ne reste plus que Paris et l’Allemagne. Et encore, Munich n’a pas vraiment convaincu les constructeurs", estime le directeur.
Le salon parisien revendique également une meilleure qualité de visiteurs. "À Munich, il n’y a pas de billetterie, donc pas de qualification. Nous, les gens paient leur entrée, on sait qui ils sont", souligne-t-il.
En 2024, la manifestation avait réuni 508 000 visiteurs. Avec le même nombre de jours ouvrés, Serge Gachot compte sur la même audience. Avant une édition 2028, qui promet cette fois un week-end supplémentaire.
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