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Le produit reste au cœur du plan du groupe Renault

Publié le 10 mars 2026

Par Robin Schmidt
8 min de lecture
Dans le cadre de son plan stratégique futuREady, le groupe Renault annonce le lancement de 36 nouveaux modèles d’ici à 2030, dont 16 seront entièrement électriques. Certains reposeront sur une nouvelle plateforme technique (RGEV medium 2.0) qui fait notamment appel au 800 V et au SDV.
Attendu dans sa version de série pour fin 2027, le Renault Bridger sera l'une des principales nouveautés du groupe et sera d'abord commercialisé en Inde. ©Le Journal de l'Automobile

Le groupe Renault a présenté mardi 10 mars 2026 son nouveau plan stratégique quinquennal, pour la période 2026-2030. Baptisé "futuREady", il doit permettre au constructeur au losange de gagner en compétitivité, tant en Europe qu’à l’international, notamment face à la montée en puissance des marques chinoises.

 

 

Cette riposte du groupe Renault reposera avant tout sur une offensive produits, caractérisée par le lancement de 36 nouveaux modèles d’ici à 2030, dont 16 seront entièrement électriques et 14 pour les marchés internationaux. Certains ont par ailleurs déjà été dévoilés par le constructeur sous la forme de concept cars.

 

Douze nouveautés en Europe pour la marque Renault

 

En Europe, Renault ambitionne ainsi de réaliser la totalité de ses ventes avec des motorisations électrifiées (full hybrid et 100 % électrique) à l'horizon 2030. La marque commercialisera pour cela douze nouveaux modèles d'ici à la fin de la décennie. Sur les segments A et B, le Losange s'appuiera sur des modèles lancés récemment, parmi lesquels figurent notamment la nouvelle Clio VI, la R5 E-Tech et la R4 E-Tech, ainsi que la future Twingo E-Tech dont les premières livraisons interviendront en mars 2026.

 

 

Pour ce qui est des segments C et D, qui représentent aujourd'hui 30 % des volumes de la marque, Renault prépare une deuxième vague de véhicules, avec une nouvelle génération de modèles électriques et hybrides. La motorisation hybride restera par ailleurs un pilier fort de la gamme européenne du Losange puisque Renault a confirmé le maintien de son offre full hybrid E-Tech en Europe après 2030.

 

La plateforme RGEV medium 2.0 accueillera la prochaine génération des véhicules des segments C et D de Renault. ©Renault

 

Mais les véhicules 100 % électriques resteront tout de même au cœur de la stratégie de la marque. La prochaine génération des véhicules des segments C et D reposera sur une nouvelle plateforme électrique, baptisée RGEV medium 2.0. Cette dernière offrira une autonomie accrue, une recharge ultrarapide grâce à l'architecture 800 V, ainsi que des technologies de pointe et une efficience optimisée.

 

Modulaire et conçue pour les segments B+ à D, cette architecture polyvalente pourra d’ailleurs accueillir toutes les silhouettes de véhicules. Elle sera donc déclinée en trois configurations, avec une version 100 % électrique offrant jusqu'à 750 km d'autonomie en cycle mixte WLTP, une déclinaison électrique 4x4 avec une capacité de tractage jusqu'à deux tonnes, et une variante avec prolongateur d'autonomie, fourni par Horse, portant l'autonomie totale jusqu'à 1 400 km, et le constructeur promet des émissions de CO2 limitées à 25 g/km.

 

Cette nouvelle plateforme, qui sera sans doute inaugurée par le nouveau Scenic et implémentée dans l'usine de Palencia en Espagne, abritera aussi une architecture électronique SDV qui permettra notamment des mises à jour à distance (OTA) de 90 % des fonctionnalités.

 

Cette base de nouvelle génération va aussi permettre au constructeur de baisser les coûts de 40 % par rapport à l'actuelle. Elle accueillera également de nouvelles batteries mais aussi une électronique de puissance 7 en 1 et un nouveau moteur de 275 ch, toujours sans terres rares. Avec cette architecture, Renault annonce une recharge rapide en dix minutes à l'horizon 2030.

 

 

En matière de véhicules utilitaires, le groupe Renault, qui a récemment racheté la totalité des parts de la société Flexis à ses anciens partenaires Volvo et CMA CGM, lancera en fin d’année son premier véhicule SDV (pour software defined vehicle) Il s’agira donc du Trafic Van E-Tech, qui inaugurera également la technologie 800 V, lui garantissant une recharge rapide et une autonomie allant jusqu'à 450 km.

 

Offensive internationale

 

Première marque automobile française dans le monde, Renault a également pour ambition de renforcer sa présence à l’international. La marque, qui a vendu 620 000 véhicules hors Europe (+11 %) en 2025, souhaite en effet accélérer son offensive sur notamment cinq hubs internationaux, que sont le Maroc, la Turquie, l’Amérique latine, la Corée du Sud et l’Inde.

 

En plus des cinq modèles déjà connus (Kardian, Duster, Grand Koleos, Boreal et Filante), la marque Renault proposera 14 nouveaux véhicules d'ici à 2030. Le Losange va notamment s'appuyer sur l'Amérique latine, la Corée du Sud et l'Inde, où le constructeur tricolore dispose déjà d'une forte présence industrielle et commerciale. Tous réunis, la marque juge que ces marchés représentent un potentiel équivalent à celui de l'Europe.

 

 

Renault capitalisera sur son partenariat avec le groupe chinois Geely et utilisera ainsi la plateforme multi-énergie GEA (Geely Electric Architecture) pour proposer dans plusieurs régions du monde une alternative aux moteurs diesel. Certains modèles proposeront ainsi une motorisation électrique, en complément de solutions hybrides et thermiques.

 

Montée en puissance de l'Inde

 

L'Inde constitue d’ailleurs un pilier majeur de ce plan. Le pays est l'un des marchés automobiles à la croissance la plus rapide, porté par l'électrification et le marché des SUV. Présent en Inde depuis quinze ans, Renault indique que l’Inde va devenir un pôle mondial de production et d'approvisionnement pour la marque, au service de son marché domestique et aussi de nombreux autres pays. Quatre nouveaux modèles prévus d'ici à 2030 seront donc conçus et assemblés dans ce pays, dont des voitures 100 % électriques et hybrides.

 

 

Parmi celles-ci, il y aura notamment le Renault Bridger, qui sera développé en Inde en moins de deux ans. Présenté aujourd’hui par la marque sous la forme d’un concept car, il préfigure donc un B-SUV de moins de 4 mètres de long qui viendra se positionner juste en dessous du Duster, qui est badgé Renault sur de nombreux marchés. Le Bridger adopte un style de baroudeur urbain et une allure robuste, qui s'expriment notamment à travers une garde au sol élevée de 20 cm, des roues de 18 pouces, ou encore la roue de secours fixée sur la porte de coffre à l’arrière.

 

 

Malgré ses proportions extérieures compactes, le Renault Bridger devrait tout de même offrir un espace intérieur généreux à ses occupants. Conçu sur la plateforme modulaire RGMP small, il sera proposé en motorisations thermique, hybride ou électrique selon les marchés. La commercialisation de sa version de série est prévue en Inde d'ici à fin 2027 et sera étendue progressivement à d'autres marchés internationaux.

 

"Avec futuREady, l'ambition est claire : renforcer nos positions sur nos marchés clés grâce à des produits parfaitement adaptés aux régions, électrifiés et fidèles à l'ADN Renault", a déclaré Fabrice Cambolive, patron de Renault. En 2030, la marque veut réaliser la moitié de ses ventes en dehors de l'Europe. À la même échéance, la marque ambitionne également de réaliser 50 % de ses ventes à l’international avec des motorisations électriques et hybrides.

 

Dacia va accélérer sur le 100 % électrique

 

De son côté, Dacia souhaite davantage s’engager dans la mobilité 100 % électrique, en passant d’un à quatre véhicules électriques au sein de sa gamme d’ici à 2030. L'aventure électrique de la marque débutera dès cette année, avec un nouveau modèle électrique du segment A, construit sur la plateforme RGEV small du groupe Renault.

 

Fabriqué en Europe, dans l’usine de Novo Mesto, en Slovénie, il s’agira d’une cousine technique de la Renault Twingo E-Tech. Développée en moins de 16 mois, cette petite citadine 100 % électrique incarnera pleinement l'ADN de Dacia, avec un prix de départ inférieur à 18 000 euros.

 

 

Sur le segment B, la prochaine génération de la Dacia Sandero deviendra multi-énergies mais gardera néanmoins son très bon rapport prix-prestations. En parallèle, le constructeur continuera à capitaliser sur son expertise en 4x4, sur l'hybride E-Tech du groupe Renault et sur son offre GPL qui est presque seule sur le marché.

 

Mais Dacia entend également renforcer sa présence sur le segment C. Après le Jogger et le lancement réussi du Bigster en 2025, la marque souhaite réaliser un tiers de ses ventes sur le segment C d’ici à 2030, contre environ 20 % aujourd’hui.

 

 

Pour ce faire, Dacia a dévoilé un tout nouveau concept car : le Striker. Ce dernier préfigure un crossover multi-énergies, qui allie l’allure de break à la garde au sol d'un SUV. Mesurant 4,62 mètres de long, il s’agit là du plus grand véhicule de la gamme Dacia, avec 7 cm de plus que le Jogger ou encore 5 cm de plus qu’un Bigster.

 

La version de série du Dacia Striker sera dévoilée en juin 2026. En attendant, le constructeur précise que la gamme comprendra trois versions : hybride, hybride 4x4 et GPL. Pour son nouveau modèle, Dacia vise un prix de départ inférieur à 25 000 euros. Le Striker devra également permettre à la marque de se rapprocher de son objectif de réaliser deux tiers de ses ventes avec des motorisations électrifiées d’ici à 2030.

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