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Industrie

"Vu l’orientation des marchés, il est probable que nous ouvrions notre prochain centre R&D en Asie"

Publié le 6 novembre 2012

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Par Alexandre Guillet
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6 min de lecture
Florent Ménégaux, directeur général pneus tourisme et camionnettes chez Michelin - A rebours de l’actualité française et européenne, Michelin enregistre des résultats très solides. Florent Ménégaux nous explique les raisons de ces performances et évoque aussi la présence industrielle du groupe en France, la distribution et la question d’Internet comme canal de vente pour les pneus.

JOURNAL DE L’AUTOMOBILE. Vous allez publier des résultats positifs, révisant du même coup vos objectifs à la hausse : d’où vient cette dynamique qui contraste avec les débats sur l’industrie et les constructeurs français ?
FLORENT MENEGAUX.
Michelin est un groupe solide car il est très diversifié. Nous opérons sur différents types de produits, du vélo au génie civil. Par ailleurs, nous avons une empreinte commerciale et industrielle mondiale. Dès lors, les phénomènes de variations d’une zone donnée ne nous affectent pas lourdement. D’une certaine manière, c’est la chance des groupes d’envergure mondiale, car ils peuvent répartir leurs efforts et leurs risques. Notre équilibre provient aussi de la répartition de notre activité en volume : 25 % en première monte et 75 % dans le périmètre du remplacement. Or, les marchés du remplacement sont intrinsèquement moins volatils.

JA. La baisse du marché français et les difficultés des marques Renault, Peugeot et Citroën sont-elles de gros motifs d’inquiétude ?
FM.
L’activité en France ne représente aujourd’hui que 10 % du chiffre d’affaires du groupe Michelin. C’est un marché très important pour des raisons historiques et par rapport à notre identité, mais au plan économique, cette importance devient plus relative, nous évitant l’écueil d’une trop forte dépendance. Toutefois, en France comme en Europe, nous sommes naturellement affectés par le ralentissement de l’activité de certains constructeurs. Par ailleurs, il est indéniable que les constructeurs généralistes d’Europe du Sud sont plus fragiles que les autres constructeurs. Nous y sommes naturellement sensibles car nous avons des relations historiques avec les constructeurs français, notamment avec PSA, souvenez-vous de la 2CV et de la DS.

JA. La situation n’est-elle pas encore plus tendue sur le marché du PL ?
FM.
Effectivement, car ce marché enregistre des reculs de 20 à 30 % ! Ceci s’explique par l’activité économique légèrement ralentie, mais aussi par un effet de déstockage au niveau de la distribution comme des flottes. Il convient de ne pas mélanger les deux, sinon on fausse l’analyse. Par exemple, en France, on estime que nous approchons du terme du phénomène de déstockage. Le phénomène de stockage s’expliquait par une anticipation des achats à une période où le prix des matières premières fléchissait. L’activité va donc s’améliorer car elle ne subira, entre guillemets, plus que l’impact négatif de l’activité économique légèrement dégradée.

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