JOURNAL DE L’AUTOMOBILE. L’an dernier, vous aviez présenté votre stratégie pour l’aftermarket de Delphi, stratégie qui s’appuyait sur l’utilisation des usines première monte du groupe comme “fournisseurs de la rechange”, avez-vous réussi à convaincre vos collègues de la première monte d’adhérer à vos vues ?
Lucia Veiga Moretti. Ces deux dernières années, nous avons dépassé tous nos espoirs en matière de fourniture de pièces pour la rechange, issues de notre première monte. Beaucoup des 8 000 références que nous avons mises sur le marché de la rechange cette année ont, ainsi, été développées par nos usines OE, en qualité première monte, pour le seul bénéfice de la rechange. Cette stratégie a été adoptée non seulement en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, en Asie, en Amérique du Sud, et dans plusieurs secteurs, comme la climatisation (compresseurs entre autres) ou les pièces moteur. Jamais dans l’histoire de Delphi, il n’y avait eu de projets de développement de produits fabriqués par l’OE au service de la rechange. C’est un vrai succès.
JA. Est-ce que cela signifie que la rechange pour le groupe Delphi prend plus d’importance tant en chiffre d’affaires que dans la stratégie globale de la marque ?
LVM. Dans la stratégie du groupe, l’intérêt de l’aftermarket a été bien compris, ainsi que les opportunités de développement que nous pouvons saisir, avec nos familles de produits, en climatisation, en électronique, en moteur ou en composants électriques. Nous avons coutume de dire que notre souci consiste à développer la pièce de sa naissance à sa fin, mais si nous pouvons continuer dans cette démarche, lorsque le véhicule a plus de 15 ans, nous ne nous en priverons pas. Notre objectif étant de bénéficier d’un retour sur nos investissements d’origine au-delà de la première monte.
JA. Sur le salon, il est beaucoup question de récession sur certains marchés de l’après-vente, notamment en Europe du sud, comment Delphi est-il impacté ?
LVM. Je peux vous dire que nous avons fait un très bon premier trimestre, que le second subit quelques perturbations, mais globalement nous sommes en pleine croissance. Delphi dispose d’un fort potentiel de croissance qu’il est en train d’exploiter. Il n’est donc pas inconcevable d’avoir 30 % de croissance dans un marché mondial en plein développement. D’autant que nos produits sont axés majoritairement sur la technologie qui, elle, n’est pas entrée en récession.