L'UE adopte les droits de douane sur les voitures chinoises, Berlin s'étrangle
La pression de Berlin a échoué. L'Union européenne a validé le régime de droits de douane complémentaires contre les importations de voitures chinoises, mis en œuvre à titre provisoire par la Commission européenne depuis l'été 2024. Réunis à Bruxelles, les représentants des pays membres de l'UE n'ont pas suivi les recommandations de l'Allemagne, rejointe par l'Espagne, qui veut éviter une guerre commerciale avec la Chine.
Une Europe très divisée
Dans le détail, dix pays dont la France et l'Italie ont voté pour. Douze se sont abstenus et seulement cinq (l'Allemagne, la Slovaquie, la Slovénie, la Hongrie et Malte) se sont opposés aux droits de douane. L'Espagne, qui avait manifesté son désaccord sur les droits de douane, s'est finalement abstenue.
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Bruxelles estime que les constructeurs automobiles chinois ont bénéficié d'aides directes ou indirectes des autorités (conditions de prêt, fiscalité avantageuse...). La Commission a identifié 18 dispositifs apparentés à des aides constitutives d'une concurrence déloyale, justifiant des mesures de rétorsions douanières, au sens de l'OMC. L'Europe pourra donc continuer à appliquer les taxes douanières supplémentaires appliquées depuis cet été. Ces taxes peuvent aller jusqu'à 35 % en plus du régime douanier normal de 10 %.
Berlin poursuit son lobbying
L'Allemagne a immédiatement réagi pour exhorter la Commission de ne pas "déclencher de guerre commerciale" avec la Chine. Les constructeurs automobiles allemands qui craignent d'être les premiers visés par des représailles commerciales de Pékin ont également dénoncé cette décision. Pour Volkswagen, c'est "une mauvaise approche". Le groupe allemand souhaite au contraire "poursuivre de manière constructive les négociations en cours en vue d'une solution politique". BMW est sur la même longueur d'onde et évoque "un signal fatal pour l'industrie automobile européenne". Le groupe bavarois a mis en garde contre un "conflit auquel personne n'a à gagner".
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La Chine a promis de riposter en visant des secteurs stratégiques de l'Union européenne. Elle aurait déjà lancé des enquêtes antidumping contre le porc, les produits laitiers et des spiritueux comme le cognac.
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