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Industrie

L'Europe adopte le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières en pleine crise de l'énergie

Publié le 14 décembre 2022

Par Catherine Leroy
2 min de lecture
Les députés européens sont parvenus à un accord avec le Conseil européen sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. Seules certaines matières premières sont concernées par ce cadre qui augmente le risque de délocalisation des industriels.
Les députés européens sont parvenus à un accord avec le Conseil européen sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. (©Mulderphoto /adobe stock)

Les votes des différents textes du paquet Climat de la Commission européenne se poursuivent au parlement. Le dernier en date concerne le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) dont l'ambition est de taxer les produits importés de la même manière que les produits fabriqués en Europe, selon le prix de la tonne de carbone. L'objectif étant de pénaliser les importations de matières dont la production a généré plus de carbone que si celle-ci avait été réalisée sur le sol européen.

 

"Cet objectif sera atteint en obligeant les entreprises qui importent dans l’Union européenne à acheter des certificats et à payer la différence entre le prix du carbone payé dans le pays de production et le prix des quotas de carbone en Europe", explique dans un communiqué le parlement européen.

 

Le principe est certes louable, comme l'explique la PFA. "L'Europe veut décarboner l'industrie et se concentre également sur les matières premières utilisées par l'industrie", avance Marc Mortureux, le directeur général.

 

Un système fondé sur le déclaratif

 

Ainsi, le fer et l’acier, le ciment, l’aluminium, les engrais, l’électricité ainsi que l'hydrogène sont concernés par ce mécanisme qui doit calculer l'empreinte carbone de ces matières et taxer les importations qui ne respectent pas une certaine limite d'émission de CO2.

 

Reste que le parlement n'inclut pas dans ce mécanisme les produits finis mais uniquement la matière première. Ce qui revient pratiquement à donner le feu vert pour la délocalisation de produits semi-finis dont les émissions liées à la fabrication, quant à elles, ne seront pas taxées.

 

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Sans compter que le système de calcul semble très complexe puisqu'il s'agira de déclarations des pays qui exportent vers l'Europe. "On pourrait très bien imaginer que la Chine indique utiliser de l'électricité décarbonée pour sa production à l'export d'acier ou d'aluminium, ce qui lui permettrait d'échapper aux taxes, sans que l'Europe ait les moyens de vérifier ces affirmations", explique un connaisseur du dossier.

 

Le dossier trouve donc une issue au parlement en pleine flambée des coûts de l'énergie qui rend plus onéreuse la production européenne. Les prix de l'énergie sont actuellement six fois plus élevés en Europe qu'aux Etats-Unis par exemple, et le prix de l'électricité trois fois plus élevé en France qu'en Chine.

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