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Industrie

L’esprit de corps

Publié le 19 octobre 2015

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Par Frédéric Richard
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8 min de lecture
Les fusions-acquisitions dans le secteur de l’équipement automobile n’ont jamais été aussi nombreuses. Des consolidations nécessaires pour faire face à l’avenir plus sereinement, face à des clients toujours plus exigeants et des technologies en révolution constante.

Les fabricants de composants ou systèmes automobiles, de toute taille et de tous horizons, multiplient les partenariats, les rachats de concurrents, s’offrent de nouvelles compétences ou cèdent simplement aux sirènes des fonds d’investissements, parfois nécessaires pour bénéficier d’argent frais. Quel que soit le modèle choisi, il s’agit souvent de gagner un temps précieux dans les développements, et ainsi faire face à des marchés toujours plus mondiaux, toujours plus durs, sur lesquels les donneurs d’ordre, les constructeurs automobiles, n’hésitent pas à augmenter constamment la pression. Retour sur ce bouleversement de l’échiquier qui aboutira, dans les années à venir, à un nouvel ordre mondial de l’industrie automobile.

Megatrends, responsables de la mutation

Avec des constructeurs toujours plus favorables à l’utilisation de plateformes globales pour leurs véhicules, les fournisseurs se doivent de présenter eux aussi, une expertise plus large, afin de pouvoir accompagner leurs clients dans cette évolution, et souvent sur les cinq continents, simultanément. Ce qui constitue un défi encore plus grand pour les fournisseurs de moindre envergure, en général focalisés sur l’expertise dans un domaine et qui doivent, eux aussi, soutenir des lancements mondiaux. Par ailleurs, les réglementations en termes d’émissions et de consommation, partout dans le monde, justifient de fortes améliorations des technologies conventionnelles de propulsion, en marge du développement des motorisations hybrides et électriques. Des améliorations qui coûtent cher et prennent du temps, sans parler des enjeux de l’allégement, ou encore de la voiture connectée. “Autant de domaines dans lesquels les mastodontes de l’équipement doivent disposer d’une offre pertinente et globale, sans parfois disposer de l’ADN nécessaire dans tous ces sujets. D’où l’intérêt de se rapprocher”, souligne Dietmar Ostermann, un des auteurs de l’étude “Consolidation in the Global Automotive Supply Industry”, de PricewaterhouseCoopers. En prenant en compte ces enjeux, il apparaît que les fusions-acquisitions dans le secteur de l’équipement automobile atteindront 48 milliards de dollars en 2015, tandis que le dernier record en la matière atteignait (seulement) 35 milliards en 2007. Une inflation galopante qui stigmatise une concentration nécessaire pour faire face aux défis du futur.

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