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Industrie

Les plasturgistes automobiles dans la tourmente

Publié le 16 juin 2022

Par Mohamed Aredjal
3 min de lecture
Les fournisseurs plasturgistes de l’industrie automobile subissent de plein fouet les crises successives de la filière. Ces derniers affirment ne plus pouvoir continuer à absorber les surcoûts et appellent à un partenariat plus équilibré avec les constructeurs.
"La situation des plasturgistes automobiles n’est plus tenable", selon Jean-Baptiste Humann, président du GPA. ©Plastic Omnium

Trop, c’est trop pour le groupement plasturgie automobile (GPA) ! Dans un communiqué publié début juin 2022, l’organisation déplore la situation inquiétante des fournisseurs plasturgistes de l’industrie automobile. Depuis 2021, ces derniers doivent faire face à la flambée du coût des matières plastiques, qui s’est accélérée ces six derniers mois en raison du conflit russo-ukrainien.

 

"Ces hausses non négociables sont difficiles à comprendre car les fournisseurs chimistes bénéficient des mesures de protection en faveur des entreprises énergivores et engrangent des résultats", déplore le GPA. A ces hausses s’ajoute l’envolée des coûts de l’énergie, des outillages et du transport qui a aggravé un peu plus la charge inflationniste des plasturgistes.

 

Un contexte industriel très contraint

 

Outre cet environnement, les fabricants de la filière doivent composer avec une situation industrielle très compliquée. Malmenés depuis des mois par la chute des volumes de production et la gestion erratique des commandes ("stop and go" des constructeurs), ces derniers voient leur marge s’éroder au fil des mois sans perspective d’amélioration.

 

"Les entreprises du secteur sont prises en étau entre les fournisseurs qui imposent des hausses de prix historiques sans concession et les constructeurs qui peinent à accorder des compensations de coûts tout en demandant des gains de productivité. Les difficultés s’accumulent, les chiffres d’affaires sont en recul et la fragilisation des bilans financiers s’accentue au point de laisser entrevoir des risques de rupture de livraison voire des défaillances à terme", regrette le GPA.

 

Les perspectives sont d’autant plus préoccupantes que les plasturgistes sont également impactés par un phénomène plus structurel : l’électrification du parc. En effet, la transition énergétique de l'industrie automobile entraîne la suppression de nombreuses pièces sous le capot, obligeant les industriels de la filière à se repositionner sur de nouveaux marchés dans un contexte délicat.

 

Un cadre économique plus durable

 

Ne souhaitant plus être la "variable d’ajustement" de la filière, les plasturgistes appellent aujourd’hui à un nouvel équilibre économique "durable", permettant de mieux répercuter leurs surcoûts sur les prix de vente.

 

A lire aussi : Les équipementiers face au défi de l'inflation

 

Des discussions ont été amorcées par le GPA aux côtés des autres syndicats de fournisseurs pour mettre en place avec Renault et Stellantis des mécanismes d’indexation des coûts. L’organisation espère désormais que ces négociations se poursuivront pour "aboutir au plus vite". Elle attend également l’ouverture prochaine d’échanges avec les fournisseurs de matières plastiques.

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