Fog Automotive, fondée en 1929, est aujourd'hui une nouvelle fois dans la tourmente. Alors que l'on croyait le fleuron français de l'équipement de garage sorti d'affaire, ses deux actionnaires majoritaires nous annoncent leur volonté de se placer sous l'égide d'un mandataire ad hoc, donc d'un tribunal, afin qu'il se prononce sur les suites à donner à l'activité et éventuellement décider d'un "plan de sauvegarde", comme l'espère Jacob Abbou, actuel président de l'entreprise.
Mais comment en est-on arrivé là, alors que la société, reprise en 2009 avec 98 salariés, avait recommencé à embaucher (140 personnes à l'heure actuelle) et se gargarisait d'un carnet de commandes des plus remplis ? Sans compter les accords de distribution passés avec Sicam (filiale italienne de Bosch, fabriquant des équilibreuses et des démonte-pneus) et des contrats de SAV pour le parc de machines Bosch installées dans les garages de l'Hexagone ?
En cause, plusieurs phénomènes. Le premier, Jacob Abbou le confesse, il a pêché par excès de confiance. Dès le début des négociations pour la reprise, l'homme d'affaires se rapproche de l'équipementier Bosch. Il est alors prévu que, une fois Fog Automotive redressé, l'Allemand reprenne la marque et le fameux site de Briare (45), une cathédrale ultramoderne voulue par l'ancien dirigeant, Patrice Muller, d'une capacité de plus de 20000 ponts élévateurs par an, là où Fog en écoulait 4000. Autovision et Jacob Abbou décident donc de maintenir tel quel cet outil surdimensionné, afin de pouvoir surseoir à la hausse de la demande, au moment de l'arrivée de Bosch dans l'affaire.