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Industrie

Camions : Yannick Jadot demande le zéro émission dès 2040

Publié le 20 juin 2023

Par Mohamed Aredjal
4 min de lecture
Rapporteur pour le Parlement européen sur le règlement relatif aux normes d’émission de CO2 pour les poids lourds, Yannick Jadot (EELV) s’est montré critique à l’égard des objectifs fixés par la Commission. Il suggère notamment de bannir les rejets de polluants d'ici à 2040 pour les camions.
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Le député européen Yannick Jadot estime insuffisants les objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés pour les poids lourds. ©Tifeco76

Yannick Jadot en est convaincu : l’industrie du poids lourd est à un "moment Pearl Harbor". Estimant que le contexte oblige les acteurs du marché du transport à changer leurs moyens de production pour faire face au défi climatique, le député européen, rapporteur du règlement sur les émissions de CO2 des poids lourds, s’est montré peu convaincu par la copie rendue en février dernier par l’exécutif européen.

 

Pour mémoire, Bruxelles souhaite réduire d'au moins 90 % les émissions carbone à partir de 2040 (par rapport aux niveaux de 2019) pour les autocars (plus de 7,5 tonnes) et camions (plus de 5 tonnes). Pour parvenir à cette ambition, plusieurs étapes ont été fixées : une baisse de 45 % à partir de 2030, puis de 65 % en 2035. Mais pour Yannick Jadot, cette feuille de route n’est "pas à la hauteur de notre responsabilité climatique".

 

Un "Forum zéro émission" pour soutenir le déploiement des bornes de recharge

 

L’écologiste plaide, en effet, pour un objectif de réduction de 100 % des émissions d’ici à 2040.

90 % ça ne veut rien dire ! Les constructeurs attendent un signal : une direction claire et stablejuge-t-il.

Pour atteindre ce cap, le député préconise logiquement de relever les étapes intermédiaires à 65 % dès 2030 et 95 % dès 2035. "Ces propositions s’appuient sur des évaluations réalisées par think thank, et des discussions menées avec des constructeurs et organisations professionnelles", soutient Yannick Jadot.

 

Le rapporteur tient, en outre, compte des réserves récemment émises par l’ACEA, qui estime que ces objectifs de baisse d’émissions impliquent une forte accélération du déploiement des infrastructures de recharge. "C’est un élément évident. Nous demandons donc dans le rapport que le minimum fixé par le règlement Afir (règlement sur les infrastructures pour les carburants alternatifs, ndlr) soit relevé pour qu’il garantisse l’adaptation des infrastructures aux objectifs imposés aux constructeurs."

 

À cette fin, le député recommande la mise en place d’un "Forum zéro émission" qui associerait tous les acteurs de la chaîne de valeur (constructeurs, transporteurs, énergéticiens, opérateurs logistiques, etc.) pour garantir que cet objectif d’infrastructures soit réalisable.

 

Bus : Yannick Jadot veut soutenir les constructeurs européens

 

Sur la question des bus urbains, qui devront adopter le "zéro émission" dès 2030, Yannick Jadot ne voit pas la nécessité de remettre en cause cet objectif. Mais pour favoriser les constructeurs européens, le député suggère d’inclure dans la règlementation un taux de 50 % de composants produits sur le Vieux Continent. Objectif : lutter contre la concurrence chinoise, très importante sur ce segment de marché.

 

Pour cette catégorie de véhicules, Yannick Jadot se montre d’ailleurs prudent sur les flottes de véhicules roulant au biométhane. "Un bus gaz peut rouler au biométhane mais aussi au gaz naturel, et il est impossible d’imposer une distinction aux constructeurs. Par ailleurs, il y a le bon biométhane, produit à partir de déchets, et le mauvais, issu d’une conversion des terres agricoles. Enfin, plusieurs évaluations européennes montrent que le biométhane n’est pas exemplaire sur les polluants de l’air…"

 

Pas d’exemption pour les véhicules spécialisés et de moins de 5 tonnes

 

Dans une dernière partie de son rapport, Yannick Jadot indique également son souhait d’étendre les objectifs de réduction d’émissions de CO2 à l’ensemble des véhicules utilitaires, y compris les modèles de moins de 5 tonnes. Même arbitrage pour les véhicules spécialisés (bennes à ordures, véhicules médicalisés, etc.) pour lesquels l’exécutif européen avait prévu des dérogations : le rapporteur estime qu’ils doivent être couverts aussi par la réglementation, hormis quelques exceptions.

 

Nous considérons que ces véhicules doivent également atteindre les objectifs de CO2 pour 2040. Il n’y a aucune raison qu’ils échappent au zéro émissioninsiste Yannick Jadot.

 

Précisons que la révision de ce règlement est la dernière partie du paquet "Fit for 55". Cet ensemble de propositions législatives vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'UE d'au moins 55 % d'ici à 2030.

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