Maxime Beyet, Bye Buy Car : "Rendre le métier de la franchise moins accessible au tout-venant"

Le Journal de l'Automobile : En janvier 2026, vous avez publié votre premier ouvrage Vendre sans acheter. Pourquoi ce livre ?
Maxime Beyet : Il s'agit du tout premier livre sur notre métier d'intermédiation. J'y dresse un constat sur la vente automobile classique, un modèle qui arrive en bout de course, selon moi. J'y explique comment, avec une bonne méthode, des outils et pas forcément de gros moyens, il est possible de se lancer dans le commerce de voitures d'occasion au travers des franchises. J'explique enfin la construction des diverses enseignes.
J.A. : Pourquoi le modèle de vente classique ne conviendrait-il plus ?
M.B. : Le métier de vendeur en concession est de plus en plus compliqué. Il y a une démultiplication des objectifs, toujours plus de services à vendre, mais moins de moyens pour travailler. Je l'ai vécu moi-même dans ma carrière. Le schéma a évolué, tout comme les consommateurs. Dans ce nouveau contexte, les concessionnaires jouent un second rôle, puisque les constructeurs ont tendance à s'en remettre davantage à Internet. Les employés ne s'y retrouvent plus.
J.A. : Quels sont les arguments de l'intermédiation ?
M.B. : Nous existons pour aider à la vente et à l'achat. Les agences sont capables de garantir la qualité des véhicules d'occasion et leurs outils technologiques aident à apporter de la transparence aux acheteurs. Il y a évidemment encore des risques autour de la transaction. Les solutions de sécurisation, très onéreuses, gagneraient à être plus simples en pratique.

"Vendre sans acheter" de Maxime Beyet, aux éditions Jikji.
J.A. : Vous militez aussi pour un contrôle de la prolifération des enseignes…
M.B. : Je crois effectivement qu'il faut légiférer pour rendre le métier de la franchise moins accessible au tout-venant. Comme chez les notaires, il doit être réglementé et n'autoriser que des entreprises dont les capitaux permettent de couvrir les sommes en jeu lors d'une transaction.
J.A. : Avant de réglementer, ne faudrait-il pas faire de la transparence une vertu ?
M.B. : Ce secteur, c'est encore le far west avec ses remous et ses guerres intestines. Les chiffres annoncés par les uns et les autres sont difficilement vérifiables. Il y a donc encore beaucoup de fausses promesses pour mieux attirer des candidats. Il est temps de rendre l'environnement plus sain.
J.A. : Les franchises, dont Bye Buy Car, investissent dans leurs outils informatiques. En quoi cela se révèle-t-il crucial ?
M.B. : Nous voulons tous plus de maîtrise sur nos affaires et notre réseau. Il y a une dimension stratégique. Nous cherchons aussi à protéger notre savoir-faire individuel, car nous soupçonnons les éditeurs de partager certains éléments avec la concurrence dans l'optique de mutualiser certaines fonctions. Nous sommes donc forcés de développer nos propres outils informatiques. Je pense que nous sommes, par nature, des sociétés technologiques et que nous devons de toute manière maîtriser notre environnement pour être en mesure de transmettre les informations sans déperdition et de fidéliser nos franchisés.
J.A. : La fidélité dans le monde de la franchise semble battre de l'aile ces derniers temps. Quelle est votre exposition au risque ?
M.B. : Parfois, des franchisés décident subitement de se mettre à leur compte. J'ai eu le cas avec un entrepreneur qui a d'abord demandé à devenir un master franchisé pour apprendre les secrets de fonctionnement. Il a ensuite retourné sa veste pour lancer sa propre franchise en récupérant les contrats qu'il avait signés, puis il a contacté notre éditeur pour avoir l'équivalent de notre système.
Nous ne cherchons pas à mettre des points sur toute la carte de France, mais à atteindre la rentabilité
J.A. : Certains y verront une enseigne de plus dans le paysage… Comment gérez-vous cette extrême concurrence ?
M.B. : Certains envisagent d'avoir 150 points de vente à la fin de la décennie. C'est un objectif atteignable pour celui qui a fixé ce cap il y a cinq ans. Ce sera bien plus compliqué pour les nouveaux entrants. En tout cas pas sans la contribution d'enseignes déjà en place. Le risque financier est devenu bien trop important dans ce contexte de plus en plus concurrentiel.
J.A. : Quelle trajectoire vous fixez-vous ?
M.B. : Sous le panneau Bye Buy Car, nous voulons passer de 40 agences aujourd'hui à 50 d'ici la fin de l'année 2026. Dans le même temps, la franchise Bolides & Cars gagnera trois adresses pour être à quinze environ. Nous allons doubler le nombre d'agents commerciaux de Coach My Car pour atteindre les 40 personnes sur le territoire national. Nous ne cherchons pas à mettre des points sur toute la carte de France, mais à atteindre la rentabilité.
J.A. : Quel est l'avenir de la profession, selon vous ?
M.B. : Je n'ai pas encore entamé la prospection auprès des concessionnaires, mais cela ne saurait tarder. Je suis convaincu que notre métier doit ouvrir une nouvelle ère avec les professionnels. Ainsi, nous rendrons service aux clients avec des prestations de qualité. En tant qu'ancien vendeur chez Audi, j'ai pu mesurer à l'époque combien le rôle d'intermédiaire VO a d'importance pour un distributeur.
J.A. : Verra-t-on des rapprochements entre les franchises ?
M.B. : Sans outil CRM en place, les fusions ne pourront aller au bout car il n'y aura pas de valeur d'entreprise.
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