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Distribution

Heycar fait ses débuts en France

Publié le 9 décembre 2021

Par Gredy Raffin
5 min de lecture
Le 9 décembre 2021 a eu lieu le lancement officiel de la plateforme Heycar en France. La campagne de recrutement de concessionnaires dans les réseaux Volkswagen, Mercedes et Renault a abouti à la mise en ligne de près de 27 000 véhicules d'occasion.
Mathias Hioco, président de Heycar France, Xavier Chardon, président de Volkswagen Group France et Ivan Segal, directeur des ventes de Renault France.
Mathias Hioco, président de Heycar France, Xavier Chardon, président de Volkswagen Group France et Ivan Segal, directeur des ventes de Renault France.

Après Cazoo il y a quelques jours, c'est au tour d'une autre valeur montant du commerce de véhicules d'occasion de faire ses grands débuts sur le marché français. Le 9 décembre 2021 marque en effet le lancement de la plateforme Heycar, dont Renault est devenu actionnaire en septembre dernier aux côtés de Volkswagen Group, instigateur du projet en 2017, et Mercedes.

 

Près de six mois ont été nécessaires pour amorcer la pompe. Entre les tractations concernant la prise de participation de Renault et la campagne de recrutement de concessionnaires qui alimenteront constamment le site internet, beaucoup d'efforts ont été réalisés pour s'assurer d'un démarrage à la hauteur des enjeux. Et les chiffres parlent d'eux-mêmes. Au moment de rendre le site visible au public, un millier de concessions tricolores avaient signé un accord avec Heycar France et ont partagé un peu moins de 27 000 véhicules d'occasion présents sur leurs parcs d'exposition. L'objectif à fin 2022 est d'atteindre les 100 000 unités.

 

90 % du réseau Volkswagen

 

Pour les concessionnaires, l'intérêt de Heycar repose sur le fait qu'ils seront les seuls à pouvoir publier des annonces à destination d'un visitorat de particuliers. Le CtoC ne trouve pas sa place, ni même les professionnels indépendants. Ainsi, l'environnement se veut qualitatif. Dans une atmosphère de saine compétition, les VO labellisés par les marques cohabiteront au sein d'un environnement de services. "85 % des consommateurs français se tournent en priorité vers un concessionnaire pour acquérir son prochain véhicule d'occasion, nous venons donc apporter une réponse appropriée", entame son argumentaire Mathias Hioco, le président de Heycar France, filiale de la holding Mobility Trade.

 

Les produits auront tous moins de 8 ans et 150 000 km. Ils pourront être des véhicules particuliers comme des utilitaires. Toutes les marques sont acceptées dès lors que les véhicules satisfont aux exigences de la charte qualité. "Nous sommes ravis de participer à un projet qui pour une fois gomme les rivalités entre nous, s'est exprimé Ivan Segal, directeur des ventes de Renault France. Il y a de la valeur à aller chercher par le biais de Heycar et il nous appartient d'embarquer le maximum de concessionnaires". Bridées par une clause d'antitrust, ses équipes n'ont pu commencer que plus tardivement à démarcher les distributeurs, mais l'accueil est favorable selon lui. Xavier Chardon, président du directoire de Volkswagen Group, rapporte pour sa part que 90 % du réseau a adhéré au concept.

 

Générateur de leads

 

Outre l'offre de produits, Heycar France va s'employer à étoffer la rubrique des services. Dès l'entame de l'année 2022, des modules de financement avec les captives de Renault et de Volkswagen apparaîtront. Celui issu de Mercedes mettra un peu plus de temps. Ensuite, les clients auront accès à des solutions pour l'assurance du véhicule avec Allianz, autre actionnaire de Mobility Trade.

 

Au second semestre, la plateforme proposera des offres de reprise. "A terme, il s'agit de s'imposer telle la plateforme omnicanale de référence qui allie le meilleur du digital et la force inégalée du réseau physique de concessions", clame Mathias Hioco. L'ouverture à des tiers laissera la place à d'autres initiatives. Et Ivan Segal de se projeter :"Renault a fait l'acquisition de Bipi, il est donc imaginable d'amener par la suite des offres de souscription". Une perspective que partage Xavier Chardon, alors que la captive du groupe allemand planche sur l'extrapolation des avancées de Seat vers le VO.

 

Heycar ne commercialise pas les véhicules à proprement parler. Au moyen d'investissements marketing qui devront être importants, la plateforme va attirer les internautes et générer des leads qualifiés. Les concessionnaires payent donc les opportunités à l'unité. Aucune information claire n'a été communiquée sur le montant à régler. Mais d'après nos informations glanées auprès de sources ayant eu connaissance du fonctionnement, Heycar a promis une période de gratuité pour les premiers souscripteurs. Celle-ci s'achèvera à la fin 2022 et sert à donner plus d'angle à la courbe de croissance. Ensuite, la transmission de contact qualifiée pourrait se monnayer entre 25 et 30 euros, soit une valeur située entre ce que payent les distributeurs en Espagne (environ 25 euros) et en Allemagne (32 euros). La question reste de savoir quel sera le taux de transformation et donc les montants à engager pour réaliser des ventes.

 

Lire aussi : Fastback lance sa plateforme de VO en BtoB en France

 

Après l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne, Heycar découvre donc un nouveau pays. La feuille de route des prochains déploiements demeure un mystère. En revanche pour Renault, il est clair que l'avenir va s'écrire en Espagne et outre-Manche. Une fois la phase de lancement achevée sur son marché domestique, le groupe français entend en effet convier ses partenaires espagnols et britanniques à se joindre au mouvement.

 

Pour mémoire, 3 000 concessionnaires allemands affichent à ce jour leurs VO sur la plateforme. Ils sont 2 000 au Royaume-Uni et un pratiquement 500 en Espagne. Avec un millier de membres, la version tricolore de Heycar peut se targuer d'avoir réussi son introduction.

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