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Distribution

Et si le VE d'occasion faisait enfin l'objet d'un chantier fiscal

Publié le 25 février 2026

Par Gredy Raffin
3 min de lecture
Le véhicule électrique d'occasion se vend mal, pénalisant à la fois les concessions et la transition énergétique. Consulté par les services de l'Etat, il y a quelques mois, Gilles Aubry, du cabinet Nova MS, avait milité pour une TVA réduite à 5 %. Il y voit la clé pour débloquer ce marché stratégique.
Gilles Aubry tribune TVA voitures électriques d'occasion
Gilles Aubry, fondateur et dirigeant de Nova MS.

Alors que les ventes de véhicules électriques neufs progressent en France, un paradoxe s’installe dans les réseaux de distribution : le véhicule électrique d’occasion (VEO) peine à trouver son public. Sur le terrain, les professionnels constatent des durées de rotation de stock jusqu’à quatre fois supérieures à celles du véhicule thermique d’occasion : autour de 260 jours pour un VE, contre environ 70 jours pour un VO thermique.

 

Ce décalage n’est pas anecdotique. Il constitue aujourd’hui un frein majeur à la diffusion de l’électrique et un risque économique croissant pour les concessions, contraintes d’immobiliser du capital pendant de longs mois. À terme, ce blocage menace l’équilibre du marché : moins de reprises de VE, moins d’offres en occasion, et donc moins de clients capables d’accéder à la mobilité électrique à un coût raisonnable.

 

Pourtant, le véhicule électrique d’occasion devrait être le véritable levier de démocratisation de la transition énergétique. Il permet d’ouvrir l’accès à l’électrique à des ménages qui ne peuvent pas acheter du neuf, tout en favorisant une logique d’économie circulaire vertueuse. Le problème n’est donc pas idéologique, il est économique et fiscal.

 

 

Une piste mérite aujourd’hui d’être étudiée sérieusement : la mise en place d’une TVA différenciée pour les véhicules électriques d’occasion vendus avec TVA, avec un taux réduit, par exemple à 5 % au lieu de 20 %. Une telle mesure aurait un impact immédiat sur le prix de vente et sur le montant des loyers mensuels en LOA ou LLD. Elle permettrait d’accélérer la rotation des stocks, de réduire le risque financier pour les distributeurs et de rendre l’électrique d’occasion plus attractif pour les clients.

 

D’un point de vue macroéconomique, la logique est simple : mieux vaut 5 % de TVA perçus rapidement que 20 % hypothétiques après de longs mois d’immobilisation. D’un point de vue écologique, c’est un levier puissant pour augmenter plus vite la part de véhicules électriques dans le parc roulant français, là où se jouent réellement les enjeux d’émissions. D'un point de vue rentabilité, la marge des revendeurs ne sera pas détériorée outre mesure. Le client, quant à lui, ne pourra que se réjouir du bénéfice obtenu grâce aux efforts conjugués de l’État et des acteurs de la filière.

 

 

Il est temps de considérer le véhicule électrique d’occasion non plus comme un sous-produit du neuf, mais comme un pilier stratégique de la transition énergétique. L’ouverture d’un chantier sur une fiscalité incitative dédiée au VO électrique serait un signal fort envoyé à la fois aux professionnels et aux citoyens : celui d’une transition pragmatique, accessible et économiquement soutenable.

 

A cela il faudra aussi engager un travail sur les valeurs résiduelles, la motivation des vendeurs VO et lutter contre les croyances infondées comme le peu de stations de recharge, les batteries qui prennent feu etc.

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