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Les 10 points marquants du marché automobile en mai 2022 : toujours pas de soleil à l'horizon

Publié le 1 juin 2022

Par Christophe Bourgeois
7 min de lecture
Si la baisse est moins catastrophique que celle du mois d'avril, le marché automobile reste toujours profondément ancré dans le rouge en mai 2022. Avec 126 810 immatriculations, il enregistre une chute de 10,1 % et n'arrive pas à remonter la pente. Depuis le début de l'année, il dévisse de 16,9 %. Par rapport à 2019, il manque près de 335 000 immatriculations.
Pour la première fois, Dacia intègre le top 3 des marques les plus vendues en France en prenant la place de Citroën.
Pour la première fois, Dacia intègre le top 3 des marques les plus vendues en France en prenant la place de Citroën.

Toujours en baisse, mais moins forte

Il y a deux façons de voir les immatriculations du mois de mai 2022. Soit d'un regard positif, soit négatif. Dans le premier cas, avec une baisse de 10,1 % par rapport à la même période l'année dernière, la chute ralentit. Avec 126 810 immatriculations, le marché n'a baissé "que" de 10,1 %. C'est deux fois mieux que le mois d'avril où il avait enregistré une dégringolade de 22,6 % (108 723). Cette baisse plus mesurée est-elle le début d'une remontée ? Il faudra attendre les mois à venir pour confirmer ou infirmer cette tendance. Mais vu sous un un autre prisme, mai 2022 est toujours en baisse, d'autant plus que les concessionnaires ont été ouverts deux jours de plus par rapport à mai 2021. Sur les cinq premiers mois, le marché enregistre ainsi une forte contraction de 16,9 % avec seulement 600 894 immatriculations. Et si l'on compare à 2019, année ante-Covid, 334 584 modèles ont purement disparu des statistiques. Il n'y a donc pas de quoi se réjouir. Car plus les mois avancent, plus le retour aux chiffres de 2019 semble inatteignable. Surtout, on ne voit toujours pas dans ce bilan le résultat des carnets de commande annoncés comme historiquement hauts par les constructeurs.

 

Des groupes français pas en forme

L'hémorragie pour les groupes français a été contenue en mai. Si le groupe Stellantis perd 9,8 %, il fait mieux que le marché. Ce sont Fiat (+19,7 %), Opel (+ 18,6 %) et dans une moindre mesure  DS (+7,1 %) qui lui permettent de ne pas prendre le bouillon. Chez Renault, c'est même mieux. Certes, la marque au losange voit toujours ses ventes chuter, à - 12,2 %, mais avec la bonne santé de Dacia (+4,2 %), le groupe perd moins (-7,5 %) que le marché.

 

Dacia dépasse Citroën

Espérons que cela ne soit qu'une mauvaise passe ponctuelle pour Citroën, car la situation pour la marque aux chevrons n'est pas bonne du tout. Pour la première fois depuis des lustres, si ce n'est d'ailleurs jamais, Citroën perd sa troisième place sur le podium des marques les plus vendues en France. Avec 8 672 immatriculations (- 29,5 %), elle est détrônée de plus de 1 000 unités par Dacia qui a écoulé, en mai, 9 781 voitures (+ 4,2 %). La Sandero (4 615) se vend plus que la C3 (3 419) ; Citroën n'arrive d'ailleurs même pas à placer un modèle dans le top 5.

 

Trois Peugeot dans le top 5

Au palmarès du top 5 des voitures les plus vendues en France, la Peugeot 208 domine toujours avec 7 257 immatriculations, dont 1 668 électriques. La lionne est suivie par du losange. 6 111 cartes grises de Renault Clio ont été enregistrées, dont 1 841 hybrides. En troisième place, la Dacia Sandero, le modèle le plus commercialisé auprès des particuliers, s'est immatriculée à 4 615 unités, dont 1 730 GPL. Au pied du podium, la Peugeot 308 est enfin arrivée dans les concessions et a trouvé 4 474 clients. Enfin, la Peugeot 2008 clôt ce palmarès avec 3 827 immatriculations dont (et seulement) 561 électriques.

 

Des coréens sur un petit nuage

Mais où s'arrêteront les coréens ? Hyundai et Kia affichent respectivement des hausses de leurs immatriculations de 30,1 % et 15,1 %, soit 4 714 et 3 680 immatriculations. Cela positionne Hyundai à la 7e place des marques les plus vendues en France. Pour Kia, malgré de bons résultats, c'est un peu plus compliqué, car Ford (4 123) et Opel (3 884) ont retrouvé des couleurs ce mois-ci avec des progressions respectives de 8,9 % et 18,6 %.

 

Un mix énergétique qui semble s'équilibrer

Concernant le mix des énergies, les mois avancent et se ressemblent. Les parts de marché de chaque énergie semblent avoir atteint leur équilibre. Cela va-t-il durer ? Les voitures électriques progressent de 31,8 %, mais leur part de marché, fixée à 12 % (15 246 unités) n'évolue pas beaucoup (11,6 % en avril 2022). Idem pour les hybrides non rechargeables. Leurs ventes sont en hausse (+11,3 %), mais avec 25 970 unités, elles restent à 20,5 % du marché (20,2 % en avril 2022). Les hybrides rechargeables peinent à décoller. Ils ont même tendance à baisser ; ils couvrent une part du mix de 8,9 % (11 270 unités) contre 9,4 % le mois dernier. Quant aux énergies "traditionnelles", l'essence représente 36,2 % du marché (48 587 immatriculations) et le diesel 17,6 % (22 273 unités) contre 37,4 % et 15,8 %. Enfin, le GPL représente 3 987 immatriculations (+ 24,3 %), soit une pénétration de 3,1 % et l'E85, 2 207 unités et 1,7 %.

 

Des chinois coincés en Chine

Nous parlons souvent des constructeurs chinois, mais où en sont-ils depuis le début de l'année ? MG domine avec 3 046 unités (0,5 % de part de marché), mais ne tiendra probablement pas ses ambitions d'écouler 10 000 voitures en 2022, car selon les informations de plusieurs concessionnaires, les voitures ne partent plus du port de Shanghai à cause de la pandémie. En mai, le sino-anglais n'a immatriculé que 560 modèles. De son côté, Lynk&Co poursuit son lancement avec 1 006 immatriculations (514 en mai). A voir ce que cela donnera dans le temps. Quant à Aiways et Seres, leurs ventes ne sont pour l'instant plus qu'anecdotiques. Le premier a vendu 57 voitures en cinq mois, dont 25 en mai (autant que Ferrari), et le second 84, dont 59 en mai. Ou la pandémie bloque les approvisionnements, ou l'appétence des clients n'est pas vraiment au rendez-vous.

 

Les utilitaires sans solution

Les mois se suivent et se ressemblent pour le marché des utilitaires légers. Au mois de mai, la chute s’est poursuivie, atteignant -19,7 %, pour un maigre bilan de 28 866 immatriculations. Depuis janvier, le bilan est lourd avec un déficit de 24,9 % par rapport à l’an dernier et un volume famélique de 146 822 mises à la route. Aucun acteur majeur n’échappe à la récession, à commencer par Renault qui plonge de 24,3 % en mai et de 39,5 % sur 2022. Seul Fiat fait pire sur l’année, avec un plongeon de 45,8 %. A l’inverse, Citroën parvient à limiter la casse avec une baisse contenue de 4,2 % depuis janvier (-7,6 % en mai).

 

Les pros du VO grappillent des points

Petit à petit, les professionnels reprennent du terrain dans la bataille du marché de l’occasion. En mai 2022, ils ont cumulé 161 918 transactions, soit 2,8 % de plus que l’an passé, pesant ainsi 35,9 % dans le bilan de l’activité mensuelle (35,8 % au cumul des mois). Cependant, entre le manque d’offres et l’attentisme des consommateurs, le volume global d’immatriculations ne repart toujours pas à la hausse. Tous canaux confondus, 450 560 VO ont changé de main, soit 4,5 % de moins sur un an. Ce qui porte le cumul après 5 mois à 2 279 569 unités (-11,2 %).

 

Le canal des particuliers toujours privilégié

Si l'on regarde la répartition ds ventes, on observe que les canaux à forte marge restent toujours privilégiés, même si aucun d'entre eux n'affichent une hausse. La location courte durée dégringole de 20,1 % tout comme les véhicules de démonstration qui chutent de 9,7 %. Les constructeurs se concentrent donc sur les particuliers (- 4,9 %), le marché à sociétés (-12,2 %) et les loueurs longue durée (- 13,1 %).

 

Retrouvez l'intégralité des immatriculations de voitures neuves par marque, modèle, canal de vente, énergie, d'occasion par âge, marque et canal de vente et de véhicules utilitaires par marque, modèle et énergie dans notre Data Center.

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