Stellantis France propose 2,1 % d'augmentation globale des salaires

Alors que Stellantis traverse une passe difficile, cela n'empêche pas les négociations salariales.
En France, après une réunion de 9 heures entre la direction et les syndicats, dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), le constructeur propose "un budget de +2,1 % de la masse salariale, dans un contexte d'inflation à 0,7 %."
Cette augmentation anticipe déjà la transposition en droit français de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, qui représente une hausse de 0,2 %, a relevé la CFE-CGC, syndicat majoritaire.
"Cette proposition s'appliquera sous réserve de la signature d'un accord majoritaire des organisations syndicales", a précisé la direction du constructeur. Dans le cas contraire, l'enveloppe retenue sera de +1,5 %.
"Dans le cadre d'une année difficile, il s'agit de reconnaître la contribution des collaborateurs avec un budget d'augmentation engagé, préservant le pouvoir d'achat et valorisant la performance individuelle", a commenté Aude Blanc, DRH France de Stellantis, citée dans le communiqué de presse.
Les techniciens bénéficieront d'une augmentation générale de 0,9 %, à laquelle s'ajoutera pour 75 % d'entre eux une augmentation individuelle de 1 %. Les ouvriers auront droit à +1 % pour tous et +0,9 % pour 62 % des effectifs. Enfin, 75 à 80 % des cadres bénéficieront d'une augmentation individuelle, mais sans augmentation générale pour cette catégorie.
La hausse salariale, qui sera rétroactive et appliquée aux rémunérations dès janvier, est toujours supérieure à l'inflation, observe Laurent Oechsel, délégué syndical central, affilié à la CFE-CGC.
Jérôme Boussard, de la CGT, a critiqué une augmentation générale "trop faible". "La direction annonce 1,9 % (si l'on retranche les 0,2 % liés à une directive européenne, NDLR), alors que c'est seulement 1 % pour 40 % de l'effectif", a-t-il souligné.
Quant au "talon" de l'augmentation, c'est-à-dire le minimum de hausse perçue par chaque salarié, il se situe à 23 euros, ce qui "ne suffit pas à finir les fins de mois", selon lui. Du côté de Force ouvrière, c'est également la déception. "Les salariés ne doivent pas faire les frais des mauvaises orientations", a estimé Thierry Giroux.
La direction était "davantage à l'écoute et moins dans une logique de confrontation", a salué pour sa part la CFDT, qui se dit consciente du "contexte économique incertain", celui d'un "marché automobile particulièrement tendu".
Ces chiffres arrivent quelques semaines après la charge de 22 milliards annoncée par Antonio Filosa. Mais pour le délégué syndical central Laurent Oechsel, "un véritable reset ne se décrète pas d'en haut. Il se construit avec celles et ceux qui font vivre l'entreprise au quotidien". (avec AFP)
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