Porsche en zone de turbulences

L’année 2025 n’a pas été simple pour Porsche. Après avoir enchaîné les records de ventes et rentabilité, le constructeur allemand fait désormais face à de nombreux vents contraires. En attendant le bilan financier, attendu pour le mois de mars, l’heure est au bilan commercial.
La baisse de 3 % des livraisons en 2024, à 310 518 unités, sonnait comme un premier avertissement de la crise qui s’est ouverte en 2025. Le déclin des immatriculations s’est accéléré l’an passé avec une chute de 10 %, à 279 449 unités.
Profit en chute libre
Ce faible niveau d’activité devrait logiquement avoir un impact significatif sur les comptes de l’entreprise, dirigée depuis octobre dernier par Michael Leiters, successeur d’Olivier Blume. Fin octobre justement, le constructeur voyait son profit plonger de 99 % à l’issue du troisième trimestre, à seulement 40 millions d’euros, contre plus de 4 milliards un an plus tôt.
En septembre, Porsche avait annoncé retarder le lancement de certains modèles entièrement électriques et prolonger la durée de vie de certains modèles à moteur à combustion et hybrides. Une décision qui ne s’est pas encore traduite par un rebond commercial.
"Cette évolution est conforme à nos attentes et s'explique par des baisses d'approvisionnement pour les modèles 718 et Macan à moteur à combustion, par la faiblesse persistante de la demande de produits exclusifs en Chine et par notre gestion des approvisionnements axée sur la valeur", explique Matthias Becker, membre du comité de direction chargé des ventes et du marketing chez Porsche AG, au sujet du bilan 2025.
En 2025, 34,4 % des voitures livrées dans le monde étaient électrifiées (+7,4 points), dont 22,2 % étaient entièrement électriques et 12,1 % hybrides rechargeables. "La part mondiale des véhicules entièrement électriques se situe ainsi dans la fourchette supérieure de l'objectif de 20 à 22 % fixé pour 2025", souligne le constructeur pour minimiser les pertes liées au passage au zéro émission.
Dégringolade en Chine
L’autre élément perturbateur est la Chine. Les livraisons y ont dégringolé de 26 %, à 41 938 unités. Porsche évoque des conditions de marché difficiles dans le segment du luxe et une concurrence intense sur les modèles électriques.
Le bilan commercial n’est plus reluisant ailleurs dans le monde. La baisse atteint 16 % en Allemagne (29 968 unités) et 13 % en Europe, hors Allemagne (66 340). Une chute attribuée à la baisse d'approvisionnement pour les modèles 718 et Macan à moteur à combustion interne "en raison des réglementations de l'UE en matière de cybersécurité".
Porsche s’en tire mieux en Amérique du Nord (0 %, 86 229) et dans le reste du monde (-1 %, 54 974). Le modèle le plus vendu au global a été le Macan, avec 84 328 unités, dont 45 367 versions électriques. Le Cayenne a suivi avec 80 886 livraisons, devant la 911 (51 583), la Panamera (27 701), les 718 Boxster/Cayman (18 612) puis la Taycan (16 339). La production des 718 Boxster et 718 Cayman a pris fin en octobre.
Pour 2026, Matthias Becker évoque un "objectif clair", qui consiste à "gérer l'offre et la demande conformément à notre stratégie «la valeur plutôt que le volume». Parallèlement, nous planifions nos volumes pour 2026 de manière réaliste, en tenant compte de l'arrêt progressif de la production des modèles 718 et Macan à moteur à combustion."
Aucun engagement sur les volumes donc. Porsche mise néanmoins sur le tout nouveau Cayenne Electric, dont les premières livraisons sont attendues au printemps. L'élargissement de l'offre de personnalisation sera également au programme.
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