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Constructeurs

Porsche contrôle Volkswagen. Mais pas Ferdinand Piëch…

Publié le 26 septembre 2008

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
En augmentant sa participation de 4,89 % dans le capital du groupe Volkswagen, Porsche détient aujourd'hui 35,14 % des droits de vote et, de fait, le contrôle du groupe. Toutefois, ce feuilleton est encore loin de son...
...épilogue.

"Je suis effrayé par le choix de vote du président du conseil de surveillance", dixit Wolfgang Porsche, le président du conseil de surveillance de Porsche, parlant de son homologue chez Volkswagen AG, Ferdinand Piëch, son cousin. Accessoirement, deuxième actionnaire de Porsche avec 13,2 % derrière lui. Bref, le feuilleton du rachat de Volkswagen par Porsche se poursuit et semble devenir une histoire de famille. Dernier épisode en date : le vote de la discorde. Le 12 septembre dernier, Ferdinand Piëch s'est abstenu sur un texte devant définir les relations entre Porsche et Audi. De ce fait, les représentants des salariés ainsi que ceux du Land de Basse-Saxe ont été majoritaires. Dorénavant, les projets de coopérations entre Audi (l'une des fiertés de Ferdinand Piëch) et Porsche devront recevoir l'aval du conseil de surveillance. Toutefois, cet incident de parcours n'a pas empêché Porsche (même peut être accéléré le processus) d'augmenter encore sa participation dans le capital du constructeur de Wolfsburg, le 16 septembre dernier. En effet, avec 4,89 % supplémentaires, Porsche détient 35,14 % des droits de vote et de fait, prend le contrôle de l'assemblée générale de Volkswagen car bien souvent les petits porteurs ne sont pas présents. "L'objectif reste d'augmenter notre participation dans Volkswagen à plus de 50 %, a indiqué Windelin Wiedeking, le patron de Porsche. Le pas d'aujourd'hui est un nouveau jalon." Concernant la barre des 50 %, un porte-parole de la marque a déclaré que : "Nous prévoyons de le faire courant novembre (…) Nous voulons la majorité réelle, et la majorité réelle est de 50 % plus une action."

Légalement Porsche doit lancer une OPA sur Audi

Cette prise de contrôle a également une autre conséquence légale. En effet, cette participation oblige Porsche à faire, dans les quatre semaines, une offre de rachat d'actions Audi. Mais pour le patron de Porsche les choses sont claires : "Pour nous, Audi fait partie du groupe Volkswagen et nous n'aurions aucun intérêt à la sortir du groupe." Toutefois, Porsche va faire une offre, à l'image de l'OPA obligatoire qu'il avait lancée sur Volkswagen, peu attrayante avec le prix minimal légal afin qu'elle n'aboutisse pas. Le prix devrait être proche de 487 euros par action Audi. Volkswagen AG, qui détient 99,14 % d'Audi, va naturellement décliner, donc l'offre de rachat de Porsche va, de fait, seulement concerner les 0,86 % flottants du capital du constructeur d'Ingolstadt. Cela représente 370 000 actions et un montant potentiel de 180 millions d'euros. Si la prise de contrôle par Porsche du 1er constructeur européen ne fait plus aucun doute, tous les problèmes ne sont pas pour autant réglés. En effet, au-delà de tensions familiales, qui devraient faire tomber quelques têtes, le puissant syndicat IG Metall maintient la pression au sujet de sa représentativité dans le nouvel ensemble mais aussi sur le maintien de la loi Volkswagen. Même Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen, a reconnu "qu'une série de questions restent ouvertes" notamment sur le futur modèle de direction du groupe unifié ainsi que sur la politique en termes de modèles.

Photo : Les deux cousins, Ferdinand Piëch, président du conseil de surveillance de Volkswagen AG, et Wolfgang Porsche, lui aussi président du conseil de surveillance, mais de Porsche SE, ne sont visiblement pas d'accord.

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