Nissan anticipe une perte annuelle de 3,6 milliards d'euros

En octobre 2025 déjà, Nissan alertait sur ces résultats annuels. Le nippon recommence à trois mois de la fin de son exercice comptable, qui sera clôturé fin mars 2026. Il annonce maintenant une perte nette de 650 milliards de yens, soit 3,6 milliards d'euros.
Cela étant, le nippon a revu sa prévision de perte d'exploitation à 330 millions d'euros, quatre fois moins que celle anticipée en octobre, invoquant l'accélération de sa restructuration. Nissan prévoit toujours sur l'année un chiffre d'affaires en repli de 5,8 % à 11 900 milliards de yens (65,4 milliards d'euros).
"Des progrès tangibles"
Dans la présentation de ses résultats, le groupe a fait état de "progrès constants grâce à l'externalisation [...] à la mise en commun de services, à la gestion des coûts", ainsi que d'"une restructuration des effectifs progressant de manière responsable".
Nissan a réalisé plus de 80 milliards de yens d'économies sur ses coûts fixes au premier semestre, et se dit confiant de dépasser son objectif de 250 milliards de yens (1,37 milliard d'euros) d'ici l'exercice 2026.
"Ce trimestre a été marqué par des progrès tangibles [...] Nissan est sur la bonne voie pour se redresser", s'est félicité Ivan Espinosa, cité par l'agence Bloomberg.
Fruit des efforts réalisés : le groupe a réussi de façon inattendue à dégager un bénéfice d'exploitation au troisième trimestre (octobre-décembre) de 17,5 milliards de yens (96 millions d'euros), alors que les marchés anticipaient à nouveau une perte significative.
Malgré tout, le paysage reste maussade : le groupe reconnaît "des résultats difficiles dans un environnement de marché complexe".
Le chiffre d'affaires sur ce même troisième trimestre a fondu de 5 % sur un an, à 2 999 milliards de yens (16,5 milliards d'euros), et Nissan a encore enregistré une perte nette de 28,3 milliards de yens (155 millions d'euros), bien que moins marquée qu'attendu.
Le groupe doit toujours lutter pour atténuer l'impact des taxes douanières imposées par l'administration Trump, fixées à 15 % depuis septembre. Nissan a vu ses ventes aux États-Unis, en nombre d'unités, reculer encore de 3,7 % sur un an en octobre-décembre.
Pour rester compétitifs aux États-Unis, les constructeurs japonais ont dû tailler leurs prix à l'export et rogner leurs marges. Nissan avait aussi indiqué vouloir s'appuyer sur ses deux usines d'assemblage de voitures aux États-Unis.
Un rebond de 12,7 % en Chine
Mais Nissan a aussi vu ses ventes trimestrielles décliner de 11,3 % en Europe et plonger de 20,1 % au Japon sur un an, face à l'érosion de la demande et à une concurrence plus aiguisée.
En Chine, il rebondit en revanche (+12,7 %) en dépit de la concurrence des constructeurs locaux, grâce au succès de "nouveaux véhicules électrifiés". Mais sur les neuf premiers mois de l'exercice, ses ventes dans le pays s'affichent toujours en repli de 8 %.
"Les efforts déployés pour réduire les coûts, diminuer les charges fixes et avancer les réformes structurelles méritent d'être salués" mais "l'amélioration des résultats repose davantage sur la maîtrise des coûts et la rigueur budgétaire que sur une demande plus forte (des consommateurs), ce qui inquiète sur la pérennité de la reprise", avertit Tatsuo Yoshida, analyste de Bloomberg Intelligence. Une fragilité d'autant plus préoccupante qu'il fait face à un mur d'obligations à rembourser cette année. (avec AFP)
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