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Constructeurs

GM et Renault-Nissan : Ouverture des discussions

Publié le 14 juillet 2006

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Le conseil d'administration de GM a annoncé qu'il était d'accord pour discuter d'une éventuelle alliance avec le groupe Renault-Nissan. Pour autant rien est encore fait et les synergies possibles ne sont pas flagrantes. Carlos Ghosn devrait passer son 14...
Le conseil d'administration de GM a annoncé qu'il était d'accord pour discuter d'une éventuelle alliance avec le groupe Renault-Nissan. Pour autant rien est encore fait et les synergies possibles ne sont pas flagrantes. Carlos Ghosn devrait passer son 14...

...juillet à Detroit. Pas pour célébrer notre fête nationale mais pour rencontrer son homologue chez GM, Rick Wagoner. Le feuilleton de cette éventuelle alliance a débuté voilà quinze jours lorsque Kirk Kerkorian, qui détient 9,9 % de GM, a appelé le conseil d'administration du constructeur américain à étudier la possibilité d'une alliance avec le groupe franco-nippon. "Des discussions exploratoires" qui ont donc été validées par les trois conseils d'administration. En effet, après ceux de Nissan puis Renault le 3 juillet dernier, celui de GM a donné son aval le 7 juillet. Mais le board de GM avait-il le choix ? Difficile à dire, mais une chose est sûre, Rick Wagoner n'a jamais débordé d'enthousiasme sur le sujet ! Comme la grande majorité de ceux qui "suivent" l'affaire, d'ailleurs. Analystes, presses, patrons d'autres constructeurs, tous ne semblent pas convaincus de l'intérêt de cet accord tripartite. Hormis Carlos Ghosn et ses faits d'armes chez Nissan qui font quasiment l'unanimité, pour le reste, les bien faits possibles d'un tel accord, on en est encore loin.

Un nouveau "coup" de Kerkorian ?

Quel intérêt pour Renault et Nissan de monter, chacun, à hauteur de 10 % dans le capital de GM ? Il existe des placements plus sûrs ! Quid des synergies industrielles possibles. Là encore, elles ne tombent pas sous le sens ou du moins ne seront pas efficaces avant de longues années. Rappelons que l'Alliance Renault-Nissan, signée en 1999, doit conduire les deux constructeurs à utiliser 10 plates-formes communes d'ici 2010. Aujourd'hui, 7 ans après la signature, ils s'appuient sur trois. Ceux qui voient ce rapprochement d'un bon œil soulignent la puissance d'achat du nouvel ensemble pesant plus de 15 millions de véhicules par an. Mais une fois de plus, les détracteurs mettent en avant le travail de GM sur le sujet ces dernières années offrant à ces différentes marques des achats compétitifs. Delphi en sait quelque chose ! D'autres voient la possibilité pour Nissan de produire dans des usines GM sur le sol américain. Cela pourrait effectivement être une bonne chose pour le constructeur nippon mais avec un ticket d'entrée à 10 % du capital de GM, l'affaire semble chère. Puis comme le souligne des analystes américains, Renault-Nissan n'aidera en rien GM sur des dossiers internes comme les retraites !
Quant à Carlos Ghosn déjà président de Renault et de Nissan, il a suffisamment de pain sur la planche avec le vaste plan lancé en début d'année chez Renault.
Ne faut-il pas voir avec cette annonce un nouveau "coup" de Kerkorian ? "Avec Kerkorian, il n'est question que d'argent. Lui et Jerry York n'auront pas à faire face aux conséquences", a déclaré, anonymement, une responsable de GM. Le bras de fer entre Rick Wagoner et Kirk Kerkorian continue. Parions que le patron de GM va "explorer" les pistes pour ne pas définitivement froisser son actionnaire et que les choses en resteront là.


Christophe Jaussaud

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