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Constructeurs

Entretien avec Louis Schweitzer, PDG de Renault : "Une entreprise qui pense être installée est une entreprise dont le déclin a commencé"

Publié le 11 mars 2005

Par Christophe Jaussaud
9 min de lecture
Après une carrière de près de vingt ans chez Renault, dont treize années à sa tête, Louis Schweitzer s'apprête à passer le relais. Il restera comme le président ayant fait de la Régie un acteur planétaire. Retour sur un formidable parcours auquel il ne semblait pourtant pas prédestiné. ...
...Le Journal de l'Automobile. Renault a affiché en 2004 des résultats exceptionnels. Imaginiez-vous, à votre arrivée dans l'entreprise en 1986, atteindre un tel niveau de performance ? Louis Schweitzer. D'abord, j'espère que l'année 2004 ne restera pas exceptionnelle. Il s'agit de la meilleure année historique, c'est effectivement un record, mais les records sont faits pour être battus. Cela dit, c'est véritablement une très belle année, même une année superbe. Quant au fait d'imaginer atteindre un tel record et qui plus est quitter la présidence sur une performance pareille, je répondrai en deux temps. D'abord, quand je suis entré chez Renault, en 1986, je ne savais pas que je deviendrai président. En ce qui concerne la performance économique, lorsque l'on prend la direction d'une entreprise, ce qui a été mon cas en 1992, on a forcement et heureusement de solides ambitions pour cette dernière. Mais, à l'époque, beaucoup de gens condamnaient Renault en raison de sa taille critique, jugée trop petite. Je voulais que Renault survive, mais j'avais conscience que cela ne pouvait se faire sans grandir et sans se développer. Je me souviens d'une phrase que j'avais lue à l'époque : "Renault trop petit, trop seul, trop français !" Il s'agissait pour moi de changer cela et j'étais convaincu que Renault pouvait l'accomplir. J'ai toujours eu une grande affection pour l'entreprise Renault, ainsi qu'une énorme confiance en sa capacité à réussir. Bien évidemment, cela n'exclut pas certains échecs comme Volvo, mais au fond, le projet initial se réalise. JA. Vous venez d'évoquer Volvo, l'échec de cette fusion a-t-il accéléré le processus de privatisation de Renault ? LS. Clairement, je peux dire que l'échec de la fusion avec Volvo est largement dû au fait que l'Etat français a mis plus de deux ans à se décider. Cet événement a démontré que si Renault voulait se développer, un niveau d'autonomie qui impliquait sa privatisation était impératif. A partir de cette date, effectivement, la privatisation de [...]

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