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Constructeurs

Disparition de Niki Lauda

Publié le 21 mai 2019

Par Christophe Jaussaud
5 min de lecture
Le triple champion du monde autrichien de Formule 1, titré au volant d'une Ferrari en 1975 et 1977 puis d'une McLaren en 1984, est décédé à l'âge de 70 ans. Depuis 2012, il était président non exécutif de l'écurie Mercedes-AMG F1.
Niki Lauda, triple Champion du Monde de F1, est décédé le 20 mai 2019 à l'âge de 70 ans.

 

"C'est avec une profonde tristesse que nous annonçons que notre cher Niki s'est éteint paisiblement, lundi 20 mai 2019, entouré de sa famille", ont indiqué les proches de l'ancien pilote dans un courrier électronique cité par les médias autrichiens.

 

Il avait débuté sa carrière dans la catégorie reine en 1971 contre l'avis de son père. Dès 1975, il remporte son premier titre de Champion du Monde au volant d'une Ferrari. L'année de son terrible accident, en 1976, il jouera néanmoins le titre, finalement remporté par James Hunt, après être remonté dans une F1 seulement quelques semaines après avoir failli perdre la vie sur le Nürburgring. En 1977, Lauda remporte dans deuxième titre de champion, toujours avec une Ferrari.

 

Les années 1978 et 1979 seront plus difficiles et l'Autrichien décide de quitter le grand cirque de la F1 au milieu de la saison 1979. Mais il ne restera pas inactif bien longtemps puisque, cette même année, il crée sa compagnie aérienne, Lauda Air, qu'il quittera en 2000. En 2003, il en créera une nouvelle, baptisée Niki, qu'il revendra en 2011 avant d'en reprendre le contrôle en janvier 2018, pour devenir Laudamotion, et finalement en vendre 75 % à Ryanair quelques mois plus tard.

 

Mais à l'aube des années 80, le chef d'entreprise décide de redevenir un pilote de Formule 1. En 1982, Niki Lauda s'engage avec McLaren. En 1984, il coiffe sa troisième et dernière couronne mondiale. En 1985, son coéquipier de l'époque, Alain Prost, remporte le titre et il quitte réellement la course après 25 victoires et 171 Grand Prix disputés.

 

Mais la F1 ne sera jamais loin. En effet, durant les années 90, il sera conseiller puis directeur sportif chez Ferrari, avant de prendre la tête, une année seulement, de l'écurie Jaguar F1 en 2001. Depuis 2012, il était le président non exécutif de l'écurie Mercedes-AMG F1. Durant l'été 2018, l'état de santé de l'autrichien s'était dégradé, le conduisant à subir une transplantation pulmonaire.

 

"Ses succès uniques en tant que sportif et entrepreneur sont et resteront inoubliables. Son dynamisme infatigable, sa franchise et son courage restent un exemple et une référence pour nous", a souligné la famille. "En dehors de la vie publique, c'était un mari, un père et un grand-père aimant et soucieux des autres. Il nous manquera beaucoup", a-t-elle ajouté.

 

Depuis l'annonce de la disparition de Niki Lauda, les hommages sont nombreux, qu'ils viennent de pilotes actuels ou anciens mais aussi d'écuries. La Scuderia Ferrari a ainsi déclaré sur son compte Twitter : "Aujourd'hui est un jour triste pour la F1. La grande famille Ferrari a appris avec une profonde tristesse la nouvelle de la mort de son ami Niki Lauda, triple champion du monde, dont deux fois avec la Scuderia. Tu resteras pour toujours dans nos cœurs et dans ceux des tifosi. Ciao Niki." L'équipe britannique McLaren, où Lauda pilota de 1982 à 1985, lui a également rendu hommage.

 

Naturellement l'écurie Mercedes n'a pas manqué de réagir. Toto Wolff, le patron de l'écurie, a salué la mémoire d'un homme "irremplaçable". "Notre équipe a perdu un de ses guides spirituels", a-t-il déclaré. "En tant que partenaire depuis six ans et demi, Niki a toujours été d'une honnêteté et d'une loyauté sans faille. Cela a été un privilège de le compter au sein de notre équipe et très émouvant de voir à quel point c'était important pour lui de contribuer au succès de l'équipe". "A chaque fois qu'il nous faisait un de ces discours mémorables pour nous motiver, il nous apportait une énergie à nulle autre pareille. Niki, tu es tout simplement irremplaçable, il n'y en aura jamais d'autre comme toi", a témoigné Toto Wolff.

 

"Niki restera l'une des grandes légendes de notre sport : il combinait l'héroïsme, l'humanité et l'honnêteté aussi bien derrière un volant que dans la vie. Nous avons non seulement perdu un héros, auteur du plus mémorable come-back que nous ayons pu voir, mais aussi un homme qui apportait une lumière et une franchise précieuses pour la Formule 1 moderne", a ajouté le patron de l'écurie Mercedes.