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Crise sanitaire : quels impacts sur les établissements des services de l'automobile ?

Publié le 2 mai 2022

Par Louis Choiset
3 min de lecture
L'ANFA a récemment publié une étude consacrée aux impacts de la pandémie sur les établissements de la branche des services de l'automobile. Selon celle-ci, le volume d'emplois a retrouvé son niveau d'avant-crise malgré la baisse de la mobilité, la pénurie de semi-conducteurs et les difficultés de recrutement.
L'enseignement de la conduite est le secteur qui a le plus de difficulté à recruter (77%). ©AdobeStock
L'enseignement de la conduite est le secteur qui a le plus de difficulté à recruter (77%). ©AdobeStock

Avec la baisse de la mobilité, la pénurie de semi-conducteurs et les difficultés de recrutement, la branche des services de l'automobile peine à se relever. Cependant, le nouvel Autofocus publié par l'Anfa (Association nationale pour la formation automobile), étudiant les impacts de la pandémie sur la branche, dégage d'abord une satisfaction. 

 

Dans une période de fort dynamisme avant la pandémie, la branche des services de l'automobile avait gagné 21 000 salariés sur la période 2015-2019 (soit une hausse de 5 %). En 2020, l'emploi salarié avait diminué de 1 %, avant de retrouver son niveau d'avant crise dès 2021 suite à la reprise économique. 

Des activités dégradées par rapport à 2019

 

Du côtés des impacts, en octobre 2021, sur l'ensemble de la branche, 32 % des établissements déclaraient que leur activité était dégradée, voire très fortement dégradée par rapport  leur situation d’avant crise. De manière plus détaillée, l'étude dresse un bilan contrasté selon les secteurs. Dans la vente de véhicules particuliers, une majorité des établissements (57 %) faisait le constat de cette dégradation. L’enseignement de la conduite (28 %) et la distribution de carburant (33 %) l'ont également exprimé.

 

A lire aussi : Le Covid a fait perdre la production de 4,2 millions de véhicules en Europe en 2020

 

A l'inverse, le vélo a connu une large et inédite croissance. En profitant de l'arrêt des transports en commun et de certaines mesures publiques, le secteur du vélo a ainsi fait croître l'activité de ses réparateurs, avec 1,9 million de réparations sur des vélos. Du côté de la moto, l’emploi a progressé de 8 % en 2020 et maintien cette dynamique en 2021.

 

57 % de recrutements jugés difficiles

 

Parmi ses nombreux dégâts, la crise sanitaire a participé à la naissance de la pénurie de semi-conducteurs (hausse de la demande en composants électroniques suite  l’augmentation de la digitalisation et du télétravail  travers le monde, absentéisme ou arrêt des productions dans certaines usines...) ainsi qu'aux difficultés de recrutement éprouvées lors de la reprise en 2021.

 

57 % des recrutements ont été jugés difficiles, soit une hausse de 19 points par rapport à 2019. Plus en détail, la part des recrutements difficiles la plus élevée se retrouve dans le secteur de l'enseignement de la conduite (77 %), suivi de 67 % pour celui de la carrosserie et 64 % pour les métiers de maintenance automobile. Ces trois métiers représentent d'ailleurs 54 % des 8 790 postes n'ayant pas été pourvus sur la période pour cause de difficultés trop importantes, obligeant l’établissement à couper court au processus de recrutement. 

 

En parallèle du contexte sanitaire, la branche des services de l’automobile fait face au déploiement du véhicule électrique. L'auteure de l'étude, Marie-Sophie Girardin déclare : "Ce déploiement impacte les organisations de tous les secteurs de la branche. Il va remettre en cause l’équilibre économique de certaines activités, comme la distribution de carburant qui doit repenser son modèle." Comme l'explique l'étude, le secteur de l'automobile peine encore à s'organiser autour de cette transition électrique.

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